⟵ Retour
Bouygues : des fondations solides, un titre à laisser consolider.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Yannick URRIEN + Mustapha GHAILANE
Chez Bouygues, on connaît le temps long. Depuis l’entreprise fondée par Francis Bouygues en 1952, au cœur de la reconstruction française, le groupe a accompagné les transformations du pays : construction, télévision, télécommunications, puis services énergétiques avec l’acquisition d’Equans en 2022. Derrière cette diversité, une certaine idée du capitalisme industriel : investir dans les besoins durables de la société, en acceptant que chaque métier ait son propre calendrier.
Aujourd’hui, Equans donne du sens à cet assemblage. Au premier semestre 2026, sa marge des activités atteint 5,2 %, en progression de 1,2 point. L’objectif annuel a été relevé à au moins ce niveau. À l’échelle du groupe, le résultat opérationnel courant des activités progresse à 829 millions d’euros, malgré un chiffre d’affaires en recul de 2,2 %, à 26,3 milliards. Voilà le véritable sujet pour l’actionnaire : améliorer ce que rapporte chaque euro facturé.
Le bilan retrouve aussi de l’aisance. Fin juin, l’endettement financier net s’établissait à 6,5 milliards d’euros, soit deux milliards de moins sur un an. Mais tous les moteurs ne tournent pas au même régime. L’amélioration d’Equans doit compenser les baisses attendues du résultat opérationnel des activités de TF1 et de Bouygues Telecom. Pour 2026, Bouygues vise ainsi une stabilité du chiffre d’affaires à changes constants et le maintien d’une rentabilité opérationnelle historiquement élevée. La diversification amortit les secousses ; elle ne supprime pas les contraintes de chaque métier. Le graphique traduit une prudence plus marquée. Après le sommet de 53,24 euros inscrit le 6 mai sur l’historique ajusté des dividendes, le titre s’est engagé dans un canal baissier. Le dernier échec autour de 50,20 euros a confirmé l’essoufflement du mouvement engagé fin 2024. À 43,61 euros sur le graphique du 22 septembre, le recul approche 18 % depuis ce sommet. C’est sensible, mais une baisse ne constitue pas, à elle seule, un argument d’achat.
La zone des 42 à 42,40 euros devient essentielle. Sa rupture fragiliserait davantage la configuration. Pour retrouver un peu d’allant, l’action devrait d’abord reconquérir les 45,17 euros, puis sortir durablement de son canal descendant. Les 50,20 euros constitueraient ensuite un obstacle supérieur. Notre position reste donc claire : rester à l’écart pour un nouvel achat. La transformation industrielle mérite d’être suivie ; le graphique ne donne pas encore le signal attendu. Même chez un grand bâtisseur, on vérifie les appuis avant de monter à l’étage. Bouygues — ISIN : FR0000120503.
Pour lire ce numéro (Accès numérique)
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.