Un croquis d'un immeuble

Immobilier dans l'Ouest : la baisse des prix se confirme.

IMMOBILIER

✍️ Par Yannick URRIEN

La correction immobilière de l’Ouest n’est pas un accident de parcours ; c’est la liquidation, lente et encore incomplète, des excès de la période Covid. En Loire-Atlantique, le prix médian des appartements anciens aurait reculé de près de 6 % en cinq ans, à 3 290 euros le mètre carré. Nantes, plus exposée, abandonnerait environ 11 % depuis 2021, autour de 3 360 euros. En euros constants, compte tenu de l’inflation accumulée, la perte de valeur est sensiblement plus sévère. Les acquéreurs de 2020 à 2022 qui doivent vendre aujourd’hui découvrent une vieille loi des marchés : l’immobilier ne protège du temps qu’à condition d’en disposer.

Le mécanisme est désormais bien installé. Les prix ont baissé, mais pas assez pour compenser la contraction de la solvabilité provoquée par un crédit toujours nettement plus coûteux qu’en 2021. D’où cette anomalie seulement apparente : les transactions reculeraient encore de 9,2 % en Loire-Atlantique et de 11,7 % en Ille-et-Vilaine au deuxième trimestre. L’ajustement s’effectue moins par une chute brutale des valeurs que par l’évaporation des volumes. Les vendeurs non contraints attendent ; les acheteurs calculent ; seuls les divorces, successions ou mutations professionnelles imposent le prix du marché. Rennes résiste mieux, avec une progression annoncée de 13,5 % sur cinq ans. Il faut cependant manier prudemment les comparaisons avec les Côtes-d’Armor, le Morbihan ou le Finistère, crédités de hausses comprises entre 69 % et 82 %. À périmètre statistique homogène, de telles envolées ne prouvent nullement que ces territoires auraient échappé à la fièvre du Covid ; elles suggèrent exactement l’inverse. Le télétravail, la recherche d’espace et l’afflux d’épargne ont déplacé la demande vers les villes moyennes et le littoral. Une partie de cette prime était durable, une autre purement circonstancielle.

Pour l’investisseur, le sujet n’est donc plus de guetter un hypothétique point bas, mais d’exiger une prime de risque suffisante. À Nantes comme à Rennes, un actif banal, énergivore ou mal situé ne mérite plus les rendements comprimés d’hier. Les biens rares, correctement rénovés et proches des bassins d’emploi conserveront leur liquidité ; les autres devront offrir une décote franche. Si les taux remontent, l’ajustement reprendra par les prix. S’ils se stabilisent, le marché pourra retrouver des volumes, mais sans ressusciter les valorisations de 2021 : le prochain cycle appartiendra moins aux acheteurs pressés qu’aux détenteurs de liquidités capables de négocier.

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