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Marché locatif : l'alerte de la FNAIM du Grand Paris.
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Olivier Princivalle, président de la FNAIM du Grand Paris : « Le bailleur privé n’est pas une variable d’ajustement » Alors que plusieurs élus veulent pérenniser et étendre l’encadrement des loyers, le président de la FNAIM du Grand Paris met en garde contre une politique qui traiterait les prix sans s’attaquer à la pénurie. À ses yeux, l’urgence francilienne tient moins au plafonnement des loyers qu’au retrait progressif des propriétaires privés. Olivier Princivalle ne nie ni la difficulté des locataires à se loger, ni l’emballement des loyers dans les secteurs les plus tendus. Il conteste le remède choisi. « Nous pouvons entendre les préoccupations des élus et des locataires face aux difficultés d’accès au logement. Mais pérenniser l’encadrement des loyers dans sa forme actuelle ne nous paraît pas être la bonne réponse. »
Le raisonnement est simple : un plafond peut contenir le loyer d’un logement déjà proposé à la location, mais il ne crée ni appartement supplémentaire ni mobilité dans le parc. « À Paris comme en Île-de-France, le problème est d’abord celui d’une offre insuffisante face à la demande », insiste le président de la FNAIM du Grand Paris. Pour les candidats à la location, le risque est connu : des loyers administrativement contenus, mais moins de biens disponibles et des dossiers sélectionnés plus sévèrement.
La critique vise surtout l’accumulation des charges qui pèsent sur l’investissement locatif. Fiscalité, travaux de rénovation énergétique, coût du crédit, risque d’impayé et encadrement des relations entre bailleur et locataire réduisent la rentabilité nette. « Fiscalité lourde, obligations de performance énergétique qui représentent des investissements importants et restent insuffisamment accompagnées, complexification du rapport locatif, multiplication des règles… l’empilement finit par fragiliser l’équilibre économique de l’investissement locatif privé. » Le propos mérite toutefois d’être replacé dans le rapport de force du marché. L’encadrement protège les locataires contre certains loyers excessifs ; sa suppression ne garantirait pas davantage de constructions. Mais la FNAIM pointe un effet plus diffus : lorsque le rendement devient trop faible ou l’environnement réglementaire trop incertain, des propriétaires vendent, basculent vers d’autres formes de location ou renoncent à acheter. Les professionnels perdent alors des mandats, tandis que le parc locatif classique se contracte.
« Il faut cesser de faire croire que l’encadrement des loyers va, à lui seul, résoudre les problèmes de logement locatif », tranche Olivier Princivalle. Il réclame une politique agissant simultanément sur la construction, la remise sur le marché des logements vacants et la confiance des investisseurs. « Le sujet est beaucoup plus large : il faut produire davantage, remettre des logements sur le marché et surtout redonner confiance aux propriétaires et aux investisseurs. » Il décrit un découragement réel. La question centrale demeure pourtant entière. Réguler le prix d’un bien devenu rare peut soulager certains locataires ; cela ne suffit pas à corriger la rareté elle-même.
Le président de la FNAIM du Grand Paris défend donc un cadre stable, lisible et économiquement soutenable. « Le bailleur privé ne peut pas être considéré uniquement comme une variable d’ajustement de la politique du logement. » Sa mise en garde s’adresse directement aux pouvoirs publics : sans propriétaires disposés à louer durablement, la politique du logement repose sur un parc social déjà saturé et une production neuve insuffisante. « L’urgence n’est donc pas d’ajouter une contrainte de plus, mais de recréer les conditions de confiance qui permettront de remettre des logements sur le marché. » Derrière la bataille sur l’encadrement des loyers se joue ainsi un arbitrage plus profond : protéger immédiatement le locataire sans achever de détourner le capital privé du logement. Un équilibre autrement plus délicat qu’un simple plafond au mètre carré.
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