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La Bourse de Paris en chute libre
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
L’indice Cac 40 poursuit sans aucun rebond, son mouvement de repli commencé le vendredi 7 août à partir du record historique de 8.755,03 points. Les cours touchent à présent la ligne de support du canal ascendant commencé avec le creux annuel du 23 mars à 7.505,27 points. Depuis, ils évoluent avec une volatilité extrême, renforçant l’idée d’un dysfonctionnement croissant des marchés. Durant l’été, les intervenants influents achetaient en même temps de plus en plus frénétiquement tant que le marché absorbait les ordres d’achat puis se mettent soudain à vendre quel que soit le prix.
Autrement dit, une fois le réservoir des acheteurs épuisé, tout le monde cherche à prendre ses bénéfices, alors qu’il n’y a plus d’acheteurs. Mais, ce qui est remarquable, c’est que ce phénomène est particulièrement visible à la Bourse de Paris, qui est incontestablement le maillon faible des bourses mondiales. Derrière cela, il y a la chute sans parachute de la dette publique dont le rendement du 30 ans a par exemple allègrement dépassé le rendement de 5 %. Mais, ce qui est surprenant, c’est le délai de contamination du Cac 40 qui a mis plusieurs mois avant d’accuser véritablement le coup.
Et ces valeurs bancaires qui caracolaient de record en record durant l’été alors que le marché obligataire était déjà en grande difficulté ? Même les valeurs du secteur du luxe se redressaient curieusement de manière spectaculaire à l’instar de Kering malgré la chute de la consommation dans les pays du Golfe qui sont très importants pour le secteur. Il y a de quoi être complètement dérouté avec cette flambée boursière du mois de juillet à début août. Ce n’est pas parce que les marchés ont perdu le contact avec le sol qu’il faille croire aux sornettes d’analystes contaminés par l’euphorie ambiante, renforcée par l’idée largement partagée par la communauté des investisseurs selon laquelle, ni Trump, ni les banques centrales ne laisseraient tomber les marchés.
En réalité, et cela n’engage que moi-même, il y a eu des manipulations gigantesques à l’échelle de la planète à la fois sur les retombées financières liées aux investissements démesurés dans l’IA et aux informations erronées remontées du front de guerre en Iran et en Ukraine par les grands médias « mainstream ». Les cours du pétrole jouent un rôle majeur et ils ont été maintenus artificiellement bas par le jeu des mensonges de Trump et la mise sur les marchés de l’ensemble des réserves stratégiques des États-Unis en plus du hold-up sur le pétrole vénézuélien. Avec le dénouement des ventes à découvert de la spéculation initiée sur le brut, les cours reviennent naturellement au contact des 100 dollars et pourraient aller beaucoup plus haut en cas d’aggravation probable des deux grands conflits. L’effet hausse du pétrole commence à se diffuser sur les autres marchés financiers par le biais des marchés obligataires à cause de l’inflation importée.
Cependant, il y a encore un deuxième effet « kisskool » à prévoir : l’éclatement tôt ou tard de la bulle spéculative de l’IA. Pour le moment, les marchés outre-Atlantique bénéficient encore de la bonne tenue des valeurs de ce secteur. Mais là encore, les choses peuvent tourner rapidement du jour au lendemain, sans crier gare. Techniquement, l’indice Cac 40 revient au contact de la ligne de support du canal majeur passant actuellement autour de 8.135 points.
Un rebond vers 8.400 points reste encore possible mais en cas de cassure de ce support, un signal technique de poursuite de la baisse serait généré en direction du seuil symbolique de 8.000 points.