Le médecin cesse son activité quelques jours avant l'inauguration de la maison médicale.

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Murielle Francius, maire de Plonéis (Finistère) : « Je ne compte pas laisser les administrés dans la mouise »

À Plonéis, dans le Finistère, la commune vient d'investir près de 800 000 euros dans une maison médicale capable d'accueillir huit professionnels de santé. Elle devait être inaugurée avec le généraliste du village. Mais quelques jours avant l'ouverture, celui-ci a cessé son activité pour raisons de santé. Pour Murielle Francius, élue maire en mars dernier, commence une course contre la montre que connaissent aujourd'hui des centaines de communes françaises. À Plonéis, 2 400 habitants aux portes de Quimper, le bâtiment est là. Neuf, moderne, pensé pour attirer des professionnels de santé. Il aura coûté entre 700 000 et 800 000 euros à la commune et doit pouvoir accueillir jusqu'à huit praticiens.

Mais au moment de l'ouvrir, il manque celui autour duquel tout avait été construit : le médecin généraliste. Murielle Francius ne cache pas son inquiétude. « Je ne compte pas laisser les administrés dans la mouise », affirme-t-elle. Dans une commune de cette taille, quand un médecin s'en va, ce sont vite des centaines de patients qui se retrouvent sans solution.

Le docteur Loïc Le Neel s'était installé à Plonéis en février 2024. Son arrivée avait soulagé tout le monde, après le départ à la retraite du précédent généraliste fin 2021. La future maison médicale avait d'ailleurs pesé dans sa décision de venir. Mais fin août, la mairie apprend qu'il ne reprendra pas son activité après ses congés, pour raisons de santé. Murielle Francius ne conteste pas ce motif. « La maladie, ça ne prévient pas », reconnaît-elle. Ce qu'elle regrette, c'est la brutalité avec laquelle la commune et les patients ont découvert la situation.

Certains rendez-vous étaient encore programmés. Et très vite, les habitants ont fait ce que font tous les administrés en pareil cas : ils sont allés à la mairie. Pourtant, à Plonéis, on ne peut pas dire que rien n'a été fait. La maison médicale devait justement servir d'appât : une extension d'environ 150 mètres carrés a été construite pour réunir généralistes, spécialistes, infirmiers et autres professions de santé. La commune a fait ce qu'on recommande aux maires : investir dans les murs, offrir de bonnes conditions d'exercice, créer un cadre pour séduire de jeunes praticiens.

« Le désert médical est partout », soupire Murielle Francius. La maire a repris son bâton de pèlerin : le pôle de santé de Quimper, la faculté de médecine de Brest, la communauté professionnelle territoriale de santé, l'Agence régionale de santé. La presse professionnelle médicale a aussi été sollicitée pour faire connaître l'offre. « J'ai des pistes », indique-t-elle, sans vouloir crier victoire trop tôt. Le cas de Plonéis dépasse le cadre local. Pendant longtemps, on expliquait l'absence de médecins par des cabinets vieillissants, l'isolement professionnel ou des conditions matérielles insuffisantes. Les élus ont répondu en construisant des maisons de santé, parfois au prix de lourds investissements pour leur budget.

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