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Indices à surveiller attentivement : le Nasdaq et le Dax 40
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Très volatils et fortement représentatifs de l’état de santé de leurs marchés et de leurs zones d’influence respectives, ces deux indices évoluent actuellement dans des directions diamétralement opposées. Certes, une fois n’est pas coutume, cela témoigne plutôt de la tendance actuelle chez les gérants des grands fonds d’investissement et de pension à vouloir diversifier leurs portefeuilles en arbitrant une partie de leurs investissements dans l’Intelligence artificielle vers les bonnes vieilles valeurs dites « traditionnelles » dont regorgent les marchés européens. Cela signifie aussi qu’il y a un réel flux de désinvestissements outre-Atlantique de ces fameuses « sept magnifiques » qui ont fait la fortune du Nasdaq, sans que la baisse ne soit actuellement visible de manière marquée. Il convient toutefois de noter que leurs valorisations outrageuses capitalisent une situation virtuelle de monopole mondial sur l’Intelligence artificielle.
Aussi bien les grandes banques d’investissement, que les fonds géants et les méga sociétés du numérique, ont tous investi dans des proportions gigantesques dans les moyens de production du « big data » et du calcul distribué que permettent ces unités géantes de « data centers ». Tout ce beau monde attend donc des retours sur investissements mirobolants en pariant exclusivement sur le monopole américain dans ce domaine. Les clients du monde entier sont censés payer le prix fort dans le présent et le futur et ce, ad æternam. Or, plusieurs éléments émergent pour contrarier cette perspective. A commencer par la Chine qui produit sa propre « IA » à des coûts six fois inférieurs en moyenne et dont la qualité se rapproche de plus en plus de l’IA américaine. De plus, l’Empire du Milieu dispose d’un monopole mondial exorbitant en terres rares dont ces technologies ont cruellement besoin et il ne compte pas en faire cadeau aux entreprises américaines.
L’autre évènement majeur est la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran qui fait plus que se rebiffer. Les monarchies du Golfe subissent tous les jours la destruction de moyens de production et d’acheminement de leurs hydrocarbures. Or, de très gros investissements ont été réalisés conjointement entre les grandes entreprises du numérique américaines et les monarchies de la région dans la production de l’Intelligence artificielle sur leurs terres en raison de leurs très bas coûts énergétiques dont cette technologie est très fortement consommatrice. Si à cela, on ajoute les menaces potentielles iraniennes sur leur destruction éventuelle, du réseau de câbles sous-marins qui acheminent les données vers le reste de la planète ou encore des centrales électriques dont elles sont dépendantes de manière vitale, ce risque semble aujourd’hui très loin d’être intégré par les marchés.
De plus, l’ensemble de l’économie du Moyen-Orient va bientôt manquer de liquidités et avec elles la plupart des grandes banques d’investissement américaines et européennes. Comme toujours, ce sont les crises de liquidités qui font chuter les marchés financiers. Et si les banques centrales font encore le choix d’inonder le système bancaire de liquidités pour éviter une telle crise, cela entraînerait à terme une hyper inflation très dommageable pour l’économie. Dans ces conditions, la hausse de l’or n’aurait pas encore donné son dernier mot.
A court terme du point de vue technique, l’indice Cac 40 continue d’évoluer à proximité de ses records historiques, mais la pression vendeuse semble se faire de plus en plus forte. On surveillera toujours attentivement ce support majeur de 8.270 points, qui en cas de cassure, donnerait un signal de retournement baissier majeur. En attendant, les velléités haussières sont encore omniprésentes.