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Immobilier : le premier semestre 2026 a rebattu les cartes en faveur des acquéreurs.
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Brice Cardi : « Les acheteurs ont clairement la main aujourd’hui. »
Le marché immobilier français n’est pas mort, mais il avance désormais par à-coups, avec des reprises, des hésitations, puis de nouveaux freinages. C’est, en substance, le constat dressé par Brice Cardi, président du réseau l’Adresse, à partir d’un sondage réalisé auprès des 360 agences de cette coopérative immobilière. Le premier semestre 2026 avait pourtant commencé sous de meilleurs auspices. Janvier et février ont même été, pour certaines agences du réseau, parmi les meilleurs débuts d’année observés depuis plusieurs exercices.
La stabilisation des taux de crédit avait redonné un peu d’oxygène aux ménages, tandis que certains vendeurs, après deux années de marché plus difficile, commençaient enfin à réviser leurs prétentions. Mais cette embellie n’a pas tenu toute la saison. « Janvier et février ont été parmi les meilleurs mois pour certaines agences du réseau, portés par la stabilisation des taux de crédit et des vendeurs plus réalistes sur leurs prix. Mais à partir du printemps, le conflit en Iran a cassé cette dynamique : les contacts acquéreurs ont chuté, certains projets ont été reportés, et le mois de mai, avec ses nombreux ponts, a marqué le point bas du semestre pour de nombreuses agences », analyse Brice Cardi.
Les chiffres résument assez bien cette impression de marché heurté. Pour 63 % des agences l’Adresse, le semestre a été « en dents de scie ». Pour 23 %, il a même été « au ralenti ». Seules 11 % le jugent véritablement dynamique. L’activité reçoit ainsi une note moyenne de 5,3 sur 10, contre 6 sur 10 au premier trimestre. Autrement dit, la correction s’est accentuée entre avril et juin, sous l’effet d’un climat plus incertain, d’une demande plus sélective et d’acheteurs qui, sans disparaître, préfèrent différer leur décision. Le point central du diagnostic de Brice Cardi tient à ce basculement : la reprise ne vient plus seulement des taux, mais de la capacité des vendeurs à accepter le nouveau monde immobilier. Pendant longtemps, le vendeur a gardé la main, surtout dans les grandes agglomérations. Après les années post-Covid, où les biens bien placés partaient vite et cher, le marché retrouve une vieille discipline : celle de la négociation.
Selon le réseau l’Adresse, 79 % des agences expliquent la reprise observée en début d’année par l’acceptation d’offres plus basses par les vendeurs. La stabilisation des taux de crédit n’arrive qu’ensuite, citée par 45 % des répondants, devant le retour des primo-accédants, cité par 27 %. C’est un signal important : la mécanique immobilière n’est plus seulement une affaire de mensualité bancaire, mais de prix facial, de décote acceptée, de réalisme patrimonial. Dans ce marché, les secundo-accédants restent les plus actifs. Ils sont cités par 50 % des agences comme le profil dominant, devant les primo-accédants.
Ce sont des ménages qui vendent pour acheter, qui s’agrandissent, se séparent, changent de région ou adaptent leur logement à une nouvelle étape de vie. Le marché est donc moins porté par la spéculation que par la nécessité. « Le marché reste porté par ceux qui ont un vrai projet immobilier, soit pour s’agrandir, pour se séparer, changer de région ou devenir propriétaire. Les profils plus opportunistes comme les investisseurs, eux, restent en retrait dans le contexte actuel », complète Brice Cardi.