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France : une économie sans ressort, selon ING.
ANALYSE
✍️ Par Yannick URRIEN
La conjoncture française reste enfermée dans une phase de faible croissance. Dans une analyse publiée par ING France, Charlotte de Montpellier, experte macroéconomique, souligne que les indicateurs avancés ne permettent pas d’anticiper un véritable redémarrage de l’activité à court terme. Le climat des affaires a certes légèrement progressé en juin, mais il demeure à 94, nettement sous sa moyenne de long terme fixée à 100. Autrement dit, les entreprises continuent de décrire un environnement dégradé. Le diagnostic est particulièrement préoccupant pour la demande intérieure. Le commerce de détail montre un très léger mieux, mais reste à un niveau faible. Les services, eux, demeurent très fragilisés, avec un climat d’activité au plus bas depuis 2021. Cette faiblesse touche aussi bien les services aux ménages que ceux destinés aux entreprises. L’industrie, qui avait jusqu’ici contribué à limiter le ralentissement, montre également des signes d’essoufflement.
Le point le plus sensible concerne toutefois l’emploi. Selon Charlotte de Montpellier, l’indicateur du climat de l’emploi a encore perdu trois points en juin pour atteindre son plus bas niveau depuis 2013, hors période de pandémie. Ce signal laisse penser que les créations d’emplois resteront faibles au cours des prochains mois. ING estime ainsi que le taux de chômage pourrait se rapprocher de 8,5 % d’ici la fin de 2026. Dans ce contexte, la consommation des ménages devrait rester bridée par la prudence, malgré le reflux récent des prix de l’énergie.
Les indicateurs PMI publiés simultanément vont dans le même sens. Ils se sont améliorés en juin, mais continuent d’indiquer une contraction de l’activité, même si elle est moins marquée qu’en mai. Le risque d’une nouvelle baisse du PIB au deuxième trimestre paraît limité par la bonne tenue de certains secteurs exportateurs, notamment l’aéronautique et le naval, dont la production progresse fortement sur un an. Mais cette dynamique ne suffit pas à masquer la fragilité générale de l’économie. Pour ING France, les perspectives de rebond restent donc très limitées. La fin des tensions militaires au Moyen-Orient et la détente sur les prix pétroliers peuvent soulager les ménages, mais elles ne constituent pas un moteur de reprise. Charlotte de Montpellier maintient ainsi une prévision de croissance proche de 0,4 % en 2026, après 0,9 % en 2025.
Cette faiblesse de l’activité complique aussi l’équation budgétaire. Le gouvernement vise un déficit public de 5 % du PIB en 2026, après 5,1 % en 2025. Mais avec une croissance inférieure aux hypothèses initiales, l’objectif paraît de plus en plus difficile à tenir. La Commission européenne anticipe d’ailleurs un déficit de 5,1 % en 2026 puis 5,7 % en 2027. Le débat budgétaire s’annonce donc tendu, dans un climat politique déjà chargé à l’approche de la présidentielle de 2027.
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