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Un village où la démocratie participative est une réalité.
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Claude Kaiser, maire de Ménil-la-Horgne (Meuse) : « Les gens de mon village sont très raisonnables. »
Les 180 habitants de Ménil-la-Horgne, dans la Meuse, se réunissent plusieurs fois par an pour choisir les projets municipaux. En six ans, près de 80 projets ont été adoptés à main levée, du terrain de jeu aux aménagements communaux. Nous avons interrogé Claude Kaiser, maire de Ménil-la-Horgne.
L’Hebdo-Bourseplus : On observe que la plupart des élus locaux ou nationaux sont assez réticents au concept de démocratie représentative. Auraient-ils peur du peuple ?
Claude Kaiser : Oui. Ce n'est peut-être pas de la peur, mais c'est sans doute un manque de confiance dans la capacité des gens à prendre des décisions collectives après avoir débattu. Il y a une culture générale qui sous-tend que c'est impossible et qu'il faut une élite pour prendre les décisions à la place du plus grand nombre. C'est culturellement admis et il est difficile de remettre en question ce dogme.
Prenons l'exemple d'un maire qui souhaite créer un terrain de jeu : si la population vote non, il n'a aucune raison de considérer que cela correspond à un non à sa politique. Les élus craignent-ils que ce non leur soit destiné personnellement ?
Cela peut être le cas. J'ai fait une proposition récente : créer une épicerie collaborative dans le village, afin de créer un socle commercial. Je m'attendais à ce que les citoyens soient enthousiastes par rapport à cette idée, mais cela n'a pas été le cas. Ma proposition a été accueillie avec scepticisme et on ne va donc pas faire ce projet. Je n'en prends absolument pas ombrage. Si peu de gens sont intéressés par ce projet, c'est qu'il n'est pas valable, donc je ne me suis pas senti humilié après ce référendum. On ne peut pas produire des projets contre la volonté générale, sinon on crée de l'amertume et de la désillusion. Beaucoup d'élus ne peuvent pas accepter cela. Ils s'imaginent que si l'on conteste l'une de leurs décisions, c'est une manière de leur dire qu'ils ne servent à rien. Mais ce n'est pas du tout cela. On se sent vraiment un représentant quand on se sent soutenu et quand la population adhère à un projet. Mais il est vrai que certains ont tendance à inverser les choses.
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