Un maire dans l'impossibilité de respecter la parité dans la nomination de ses adjoints.

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Alain Metge, maire de Bragassargues (Gard) : « Aucune femme ne voulait être adjointe. »

À peine élu à la tête de Bragassargues, Alain Metge a été convoqué devant le tribunal administratif de Nîmes le 2 juin dernier, à la suite d'un recours portant sur la composition de son équipe municipale et le non-respect de la parité parmi ses adjoints. Lors de l'installation du nouveau conseil municipal, composé de onze élus, deux adjoints ont été désignés. Mais ce sont des hommes. Or, selon les règles encadrant les communes de moins de mille habitants, lorsque plusieurs adjoints sont élus, une représentation équilibrée entre les sexes doit être recherchée. Face aux magistrats, Alain Metge a souligné qu’aucune des conseillères n'avait souhaité devenir adjointe. Il estime que les textes actuels ne prennent pas suffisamment en compte les difficultés rencontrées par les petites collectivités. Il répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Pourquoi n’avez-vous pas été en mesure de respecter la parité dans la composition de votre conseil municipal ?

Alain Metge : J'ai été convoqué au tribunal administratif lundi 2 juin et j’ai expliqué que nous avions des difficultés pour faire respecter la parité pour les postes d'adjoints dans nos petites communes. J'ai cinq femmes et six hommes au conseil municipal mais, pour les adjoints, je n'ai pas la parité car aucune des cinq dames élues n'a voulu être adjointe. J'ai un adjoint qui s'occupe des affaires générales et un autre qui s'occupe des affaires techniques. Ce sont deux hommes et la préfecture m'a retoqué en me disant que je devais respecter la parité au niveau des adjoints. Je me suis défendu seul, en expliquant que je ne pouvais rien faire puisque aucune femme ne voulait être adjointe. J'ai évoqué la question du consentement et j'ai dit que le consentement était quelque chose d'essentiel. J'ai été jugé par quatre femmes et un homme. Quand j'ai soulevé la question du consentement, il y a eu un sourire, au sens où ces gens avaient compris la situation dans laquelle je me trouvais. J'attends les suites de la préfecture. La semaine prochaine, je dois recevoir un sénateur à la mairie et je compte lui en parler.


Il s'agit de quelque chose qui doit se produire dans de nombreux autres petites communes…

Je viens de participer à un congrès à Nîmes. J'ai rencontré des journalistes et je sais que c'est un sujet qui peut concerner de nombreuses autres communes. En France, je sais qu'il y a un village qui n'a même pas pu présenter une liste car il n'y avait aucune femme candidate. Dans les villages ruraux, il est parfois déjà difficile de trouver des candidats pour siéger au conseil municipal. Alors, trouver des personnes prêtes à assumer les responsabilités supplémentaires d'un poste d'adjoint n'est pas toujours évident. Et c’est encore plus difficile pour les femmes.

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