Vallourec : le vieux tube d'acier est redevenu une valeur de croissance.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Yannick URRIEN + Mustapha GHAILANE

Il y a des retours en Bourse qui ressemblent moins à une mode qu’à une revanche industrielle. Vallourec appartient à cette catégorie. Longtemps, le nom a évoqué les blessures d’un ancien fleuron français trop endetté, emporté par la chute du pétrole, la surcapacité mondiale et les errements d’un cycle industriel mal maîtrisé.

Aujourd’hui, le même dossier revient par le haut : bilan assaini, marges restaurées, génération de trésorerie, exposition aux grands marchés de l’énergie et, désormais, retour assumé vers l’actionnaire. La séance du 13 mai 2026 en donne une illustration spectaculaire. Le titre progresse de plus de 9 %, autour de 26,20 euros, porté par des résultats trimestriels de bonne facture et par un marché qui semble avoir compris que Vallourec n’est plus seulement un pari de redressement, mais une société redevenue pilotable.

Au premier trimestre 2026, le groupe a dégagé un EBITDA de 220 millions de dollars, supérieur au point médian de sa prévision, avec une marge d’EBITDA de 22,6 %, en progression séquentielle d’environ 200 points de base. La génération de trésorerie atteint 135 millions de dollars et le groupe affiche une position de trésorerie nette de 67 millions de dollars, après 107 millions de dollars de rachats d’actions.

Ce n’est pas un détail comptable. Dans l’histoire de Vallourec, la dette fut longtemps le vrai maître du destin. Le redressement engagé sous le plan « New Vallourec » a d’abord consisté à rendre à l’entreprise ce que tout industriel doit posséder avant de prétendre à la croissance : de la flexibilité financière. Le groupe rappelle avoir atteint son objectif de dette nette nulle à la fin de 2024 et versé en 2025 un dividende significatif pour la première fois depuis dix ans. C’est le signe le plus clair d’un changement d’époque. Vallourec reste, bien sûr, un acteur cyclique. Il fabrique des tubes sans soudure premium, essentiellement destinés aux marchés de l’énergie, notamment pétrole et gaz, avec des débouchés dans l’industrie et les nouvelles énergies. Autrement dit, l’entreprise vit au croisement de trois grandes forces : l’investissement des compagnies pétrolières, la discipline de l’offre mondiale d’acier tubulaire et la montée des besoins techniques liés aux projets complexes, offshore, puits profonds, gaz, captage du carbone, hydrogène ou géothermie. Le vieux tube n’est plus seulement un morceau d’acier ; il devient une pièce critique dans des architectures énergétiques de plus en plus exigeantes.

La force du dossier tient justement à cette montée en gamme. Au premier trimestre, le RBE par tonne du segment Tubes atteint 724 dollars, en hausse de 31 % sur un an, grâce à des effets prix et mix favorables ainsi qu’à une bonne adaptation des coûts. Dans un métier aussi cyclique, cette capacité à privilégier la valeur plutôt que le volume constitue un marqueur essentiel. Elle distingue les industriels qui subissent le cycle de ceux qui parviennent à en capter la partie la plus rentable. Le marché brésilien apporte un autre soutien stratégique. Vallourec a remporté en 2025 un contrat majeur auprès de Petrobras, pouvant atteindre 1 milliard de dollars, pour la fourniture de produits et services OCTG destinés aux opérations offshore du groupe public brésilien sur la période 2026-2029. Ce contrat illustre la pertinence de la présence industrielle locale de Vallourec au Brésil et son recentrage sur les produits techniques à forte valeur ajoutée.

Sur le plan boursier, le graphique fourni raconte une histoire devenue limpide. La sortie au-dessus de 17,20 euros, ancienne résistance horizontale majeure de long terme, a constitué le signal de changement de régime. Depuis ce franchissement, intervenu dès le 21 janvier, le titre s’inscrit dans un canal fortement ascendant. Le récent contact avec la résistance autour de 25,75 euros pouvait laisser craindre une respiration. Mais le rebond observé au voisinage du support ascendant situé près de 23,10 euros a relancé la dynamique et permis au titre d’inscrire un nouveau sommet sur l’historique ajusté présenté.

Pour lire ce numéro (Accès numérique)

Validez le formulaire ci-dessous

Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.

Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.