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Énergie : la quinzaine d'avril a corrigé les excès, sans éteindre les risques.
ANALYSE
✍️ Par Yannick URRIEN
La première quinzaine d’avril aura offert aux marchés de l’énergie un répit aussi net que probablement provisoire. Le mouvement le plus spectaculaire concerne le gaz, avec une correction de grande ampleur sur l’ensemble de la courbe : le PEGAS mai 2026 tombe de 49,48 à 42,67 €/MWh, soit près de 14 % de baisse, tandis que le Cal-2027 recule de 39,51 à 34,52 €/MWh.
Deux ressorts ont joué de concert : d’une part, le cessez-le-feu, qui a nourri l’idée d’une normalisation partielle des flux de GNL via Ormuz ; d’autre part, une douceur printanière marquée, avec des températures supérieures de 2,4 degrés aux normales en France, qui a réduit les besoins de chauffage. Pour autant, le marché gazier n’est pas sorti d’affaire : les flux norvégiens restent solides et le send-out GNL européen tient, mais les stocks européens, limités à 27,9 %, laissent planer une tension de fond tant que la campagne de remplissage n’aura pas véritablement pris son rythme.
Sur l’électricité, le tableau est plus contrasté. Les prix de mai 2026 ont rebondi de 22 %, à 25,46 €/MWh, sous l’effet des maintenances nucléaires annoncées autour du week-end de Pâques. En revanche, les prix calendaires restent sages : le Cal-2027 cède 2,5 % et le Cal-2028 demeure quasi inchangé. Il faut dire que le spot a été tiré vers le bas par une configuration exceptionnellement favorable : montée en puissance du solaire en Europe du Sud, températures clémentes et disponibilité nucléaire française encore élevée. Avec 104 TWh produits au premier trimestre, le nucléaire français signe même un plus haut de sept ans.
Le pétrole, lui, a violemment corrigé, le Brent retombant de 109,03 à 95,20 dollars le baril. Mais cette détente a quelque chose d’illusoire. Elle traduit moins une résolution de la crise qu’un bref pari de marché sur une désescalade. L’échec diplomatique et les tensions autour d’Ormuz rappellent que le risque d’un choc d’offre demeure entier.
Dans ce paysage, le CO2 fait figure d’exception, en légère hausse, porté par les anticipations réglementaires, tandis que le charbon décroche dans le sillage du gaz et du solaire. En somme, avril n’a pas refermé la parenthèse énergétique : il a simplement rappelé que, sur ces marchés, la détente est toujours plus fragile qu’elle n’en a l’air.