Est-ce la fin de la baisse ou juste un répit dans la tempête ?

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

La ligne de support du canal haussier à long terme a été cassée à la baisse en séance du 5 mars. Après avoir touché un point bas autour de 7.768 points, l’indice Cac 40 tente de repartir à la hausse dans l’objectif de réintégrer ce canal. Cela suppose bien entendu un retour à la normale en géopolitique avec une fin espérée des hostilités et le rétablissement progressif du commerce mondial. Pour le moment, on est loin de ce scénario idéal et il va probablement falloir faire sans.

Actuellement, les cours se trouvent exactement au contact de la MM200 dont la pente est parfaitement plate, soit exactement à la frontière technique entre la hausse et la baisse. Au-dessus, la ligne de support du canal évolue aux alentours de 8.130 points puis vers l’ancien record historique du 21 octobre à 8.271,50 points. Pour mémoire, celui-ci avait marqué un point d’arrêt à la hausse de 2025, avant d’être débordé plus tard et d’ouvrir la porte au record absolu de 8.642 points atteint le 26 février, exactement à la veille du déclenchement de la guerre en Iran. Sur les autres places financières, l’impact de la guerre semble moins fort sur le Dax et surtout sur les indices américains qui résistent beaucoup mieux à la baisse.

Toutefois, la situation générale reste très fragilisée alors que les marchés évoluaient auparavant dans un climat général proche de l’euphorie. En cas de reprise de la baisse, les niveaux de soutien à tester sur le Cac 40 se trouvent successivement vers 7.768 points puis 7.511 points, remontant au 23 juin 2025. Par ailleurs, la pression reste très forte sur les cours pétroliers qui se sont installés au-dessus de la barre symbolique des 100 dollars le baril. Si les prix énergétiques restent durablement élevés, les prix à la consommation pourraient s’emballer à nouveau et les marges des entreprises subiraient de fortes dégradations.

En arrière-plan, le blocage du détroit d’Ormuz continue de susciter de vives inquiétudes sur les marchés pétroliers. Seules les transactions en yuan chinois sont autorisées par les autorités iraniennes, les autres tankers transportant du brut payé en pétrodollars ne le sont pas. C’est une manière pour l’Iran de défier l’économie et le commerce libellés en dollars. Cela entraîne une baisse des réserves mondiales de dollars qui sont en grande partie investis par les gros investisseurs non américains sur les bons du Trésor américain et le reste dans les grandes entreprises de la tech.

Par ricochet, les taux obligataires subissent une pression à la hausse, d’autant plus que les déficits budgétaires s’aggravent. Si cette tendance se prolongeait voire pire, s’aggravait, la grande crise financière ne serait pas loin. Dans ces conditions, il est risqué de s’engager dès maintenant trop loin dans le marché et préférer réaliser des achats ou des renforcements de positions seulement en cas de nouvelle forte baisse. Celle-ci pourrait intervenir après une période d’accalmie ou de rebond allant de quelques jours à plusieurs mois.

Il convient de retenir avant tout que, nonobstant la correction récente, la plupart des intervenants ne se sont que marginalement désengagés. Le plus gros, et tout particulièrement la spéculation à effets de levier est encore trop engagée à l’achat, ce qui représente un potentiel de dégagements forcés qui ne se produit malheureusement que dans la panique.

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