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Aide à mourir : les inquiétudes du parlementaire RN.
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Roger Chudeau, député RN du Loir-et-Cher : « L’honneur d’une Nation comme la nôtre, c’est de protéger et de soigner jusqu’au bout. »
Les députés se sont prononcés pour la création d’un droit à l’aide à mourir. Le parcours du texte est chaotique, d’autant que le Sénat et l'Assemblée nationale ne s’accordent pas sur son contenu. L’un a supprimé la notion même de droit, vidant la loi de son sens, avant de la rejeter dans son intégralité. L’autre a choisi de la rétablir, avec ses cinq critères d’accès. Pendant ce temps, la communauté soignante s’alarme. Entre dérives potentielles et crainte d’une confusion entre le soin et le « fait de donner la mort », elle appelle également à une plus forte sécurisation des professionnels qui refuseraient de participer à la procédure. Roger Chudeau, député RN du Loir-et-Cher, nous explique les raisons de son opposition à ce texte.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous faites partie de ces députés qui ont voté contre la loi sur l’euthanasie. Pour quelles raisons ?
Roger Chudeau : D’abord, j’ai voté contre par conviction. Je suis croyant et je considère que les hommes ne doivent pas décider de tuer leur prochain, sous quelque prétexte que ce soit. Il n’appartient pas à l’État de décider qui doit vivre et qui doit mourir. Nous avons toujours été une civilisation qui a protégé la vie et qui a fait de la vie humaine quelque chose de sacré. Je trouve que nous sommes dans une rupture anthropologique et que nous basculons de l’autre côté. Bien des pays européens ont déjà fait ce chemin et ce n’est pas un exemple à suivre. D’ailleurs, les Pays-Bas semblent regretter assez amèrement de s’être laissés entraîner dans cette voie. Si l'on commence par euthanasier les cas les plus difficiles, on s’aperçoit que l’on élargit progressivement. Aux Pays-Bas, on peut euthanasier des mineurs, on peut faire des choses invraisemblables, donc il y a des dérapages. Nous sommes sur une pente dangereuse. Alors, on peut me demander ce que je pense des gens qui souffrent.
Quatre lois sont actuellement en vigueur. La plus récente autorise la sédation profonde, ce qui permet à un mourant qui souffre d’être endormi jusqu’à ce qu’il décède. C’est couramment pratiqué et c’est très encadré. Cela ne revient pas exactement au même car, dans l’euthanasie, on injecte une solution mortelle, alors que dans la sédation profonde, on endort le patient jusqu’à ce qu’il décède de façon naturelle. C’est tout à fait différent. D’un côté, on tue quelqu’un et, de l’autre, on l’accompagne au moment de sa mort. Ce n’est pas du tout la même chose. En plus, la loi est très brutale puisque les pharmaciens n’ont pas le droit à la clause de conscience alors qu’ils préparent la solution létale. Comment voulez-vous qu’un pharmacien ignore à qui on va administrer la solution dans un village de mille habitants ? Il peut considérer qu’il ne peut pas, parce qu’il est chrétien, ou tout simplement parce que son éthique personnelle lui interdit, alors il tombe sous le coup de la loi. Le délit d’entrave est assez extraordinaire. Si vous découragez quelqu’un d’avoir recours au suicide assisté, donc à l’euthanasie, vous tombez sous le coup de la loi. C’est un véritable délit d’opinion.
Vous rappelez le délit d’entrave à l’euthanasie. Pourtant, si quelqu’un veut se suicider, actuellement, le délit consisterait à l'encourager à se suicider. La demande d’euthanasie n’est-elle pas une forme de suicide ?