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La dépendance aux plates-formes : un risque stratégique sous-estimé pour les créateurs.
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Adham Hassan, PDG de Créative Group et de Host Solo Créa : « Les marques fortes vont subsister, mais ce sont les canaux de diffusion qui vont changer. »
Adham Hassan nous livre une analyse pertinente sur la dépendance aux réseaux sociaux. En effet, la barrière à l’entrée s’est considérablement réduite : un smartphone, une idée claire et une exécution efficace peuvent suffire à enclencher une dynamique de croissance. Toutefois, derrière cette promesse d’accessibilité se cache une réalité plus structurelle, récemment soulignée par l’Autorité de la concurrence, qui évoque un déséquilibre croissant entre créateurs et plates-formes. La distribution des contenus repose sur des algorithmes dont les règles évoluent en permanence. Ces systèmes déterminent la portée, la fréquence d’exposition et parfois même la stabilité d’une activité. L’enjeu n’est donc plus seulement de gagner en visibilité, mais d’éviter que cette visibilité ne devienne une fragilité.
Adham Hassan rappelle : « Beaucoup de trajectoires numériques se développent autour d’une plate-forme dominante. L’audience, la notoriété et les revenus sont centralisés sur un même canal, créant une efficacité apparente. Cette concentration facilite la croissance rapide, mais elle expose également à un risque majeur. Un changement de politique, une suspension de compte ou un déplacement de l’attention des utilisateurs vers une autre application peuvent avoir des conséquences immédiates. Sans canaux alternatifs, sans base de contacts directe, sans produits ou services indépendants, la dépendance devient structurelle, une situation que l’Autorité de la concurrence qualifie désormais d’asymétrique dans les rapports de force entre plates-formes et créateurs.
Ce n’est plus seulement une question de communication, mais de viabilité économique. » Le point essentiel de son analyse est qu’une forte audience peut donner le sentiment d’avoir construit un actif solide : « Pourtant, si cette audience n’est accessible qu’à travers une interface contrôlée par un tiers, elle reste conditionnelle. La notoriété n’est pas synonyme de sécurité. La stabilité repose sur des éléments plus profonds : diversification des sources de revenus, développement d’offres propres, structuration financière, maîtrise des données et relation directe avec son public. En conclusion, il faut réduire le risque systémique aux réseaux et reprendre une part de contrôle sur son activité. Adham Hassan, PDG de Créative Group et de Host Solo Créa, répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : On parle beaucoup des réseaux sociaux comme des nouveaux médias, alors qu’en réalité ce sont des plates-formes qui contrôlent totalement les personnes qu’elles acceptent d’héberger. Est-ce un point qui a trop souvent été oublié ?
Adham Hassan : Assez souvent, mais les acteurs savent cela en réalité, il y a eu beaucoup d’exemples, notamment avec X ces dernières années. Il y a des changements d’algorithmes que l’on ne contrôle pas. Pour les consommateurs, c’est quelque chose qui est oublié.
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