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La France envoie des signaux conjoncturels plus faibles en février, selon ING.
ANALYSE
✍️ Par Yannick URRIEN
Le climat des affaires en France s’est de nouveau dégradé en février, renforçant l’idée d’un début d’année 2026 plus fragile qu’espéré pour l’économie française. Dans une analyse diffusée par ING France, l’économiste Charlotte de Montpellier souligne un recul généralisé des indicateurs, particulièrement marqué dans les services, et estime que les perspectives de croissance à court terme apparaissent désormais plus limitées.
L’indicateur global du climat des affaires a perdu deux points en février pour s’établir à 97, soit un niveau inférieur à sa moyenne de long terme. La baisse concerne tous les secteurs, à l’exception du bâtiment, où l’indicateur est resté stable. Pour ING, cette évolution traduit un affaiblissement plus large de la dynamique économique, alors que certains espoirs d’accélération de l’activité commençaient à émerger.
Le repli est jugé particulièrement préoccupant dans les services. L’ensemble des sous-indicateurs y recule sur un mois, et le climat des affaires du secteur ressort à 95, nettement sous sa moyenne de long terme. Les anticipations des entreprises sur l’activité future et la demande se détériorent sensiblement, dans un mouvement observé dans l’ensemble des sous-secteurs. ING relève également une moindre intention d’embauche, ce qui contribue à la dégradation du climat de l’emploi, retombé à son plus bas niveau depuis mars 2021.
Dans l’industrie, le climat des affaires s’inscrit aussi en baisse, tout en restant supérieur à sa moyenne de long terme. La dégradation est plus visible dans la chimie et la métallurgie, tandis que la production de matériel de transport (hors automobile) continue d’afficher une situation favorable. L’analyse d’ING met toutefois en avant des signaux moins porteurs pour les prochains mois, avec un affaiblissement des carnets de commandes et des perspectives de production.
Au total, les données de février apparaissent plus dégradées qu’anticipé et suggèrent, selon la banque, une conjoncture française moins résiliente qu’attendu. Malgré des signes de redressement industriel en Europe, soutenus notamment par le plan de relance allemand, la France semble davantage entrer dans une phase de décélération. Le moteur de la demande intérieure montre des signes d’essoufflement, alors même que l’inflation demeure faible et que la propension à épargner des ménages recule.
Dans ce contexte, ING estime que la croissance du PIB au premier trimestre 2026 pourrait difficilement dépasser les 0,2 % observés au quatrième trimestre 2025, et qu’un rythme inférieur ne peut être exclu. À plus long terme, l’établissement conserve néanmoins une vision modérément positive, avec une croissance autour de 1 % sur l’ensemble de 2026. La banque considère que l’industrie française pourrait bénéficier du plan de relance allemand et de la hausse des dépenses de défense. La progression attendue des salaires réels est également susceptible de soutenir la consommation et l’investissement des ménages, à condition que la confiance ne se détériore pas davantage. ING souligne toutefois plusieurs risques : l’exposition extérieure de secteurs clés, la sensibilité de l’économie française à l’évolution du commerce mondial et au taux de change de l’euro, ainsi que la fragilité persistante de la confiance intérieure.
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