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Le patrimoine immatériel peut représenter un actif important pour les entreprises.
LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Sylvie Gamet, fondatrice de Finantis Value : « Les investisseurs n’acceptent pas que la marque ne soit pas dans l’entreprise, puisque c’est un risque. »
Deux entreprises aux performances économiques comparables peuvent aujourd’hui faire l’objet d’écarts de valorisation majeurs lors d’une cession ou d’une levée de fonds. En cause : des actifs immatériels longtemps relégués hors bilan, mais devenus centraux dans les décisions financières. Cette montée en puissance de l’immatériel a profondément transformé le travail des analystes financiers, des juristes et des dirigeants, ainsi contraints de croiser finance, droit, technologie et usages de marché pour objectiver des actifs par nature invisibles.
En effet, la valeur se déplace progressivement des actifs visibles vers des ressources qui ont longtemps été reléguées hors bilan. Marques réellement exploitées, logiciels propriétaires, bases de données qualifiées, savoir-faire documentés, algorithmes ou secrets d’affaires constituent désormais le socle déterminant de la création de valeur, en conditionnant la capacité d’une entreprise à générer des flux futurs et à sécuriser son avantage concurrentiel. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’actualité de Finantis Value. Le cabinet s’agrandit en étoffant son équipe, tandis que sa dirigeante, Sylvie Gamet, CEO et seule femme certifiée CVA en France, voit sa certification internationale renouvelée pour trois ans. Depuis 2017, son approche a conduit à la valorisation de plus de 750 millions d’euros d’actifs immatériels, dans plus de 15 secteurs d’activité, en traduisant la transversalité de ces enjeux.
L’Hebdo-Bourseplus : Le débat sur la valorisation de l’immatériel remonte déjà à plusieurs décennies, notamment sur la valeur de la marque d’une entreprise. La plupart des entreprises ne comptabilisaient pas cela, évidemment à l’exception de Coca-Cola… Est-ce votre réflexion ?
Sylvie Gamet : Dans la comptabilité des entreprises françaises, tout ce qui est lié aux actifs immatériels, notamment la marque, n’est pas comptabilisé au bilan, surtout quand ce sont des développements internes. Par exemple, si une entreprise développe un nouveau produit et dépose une marque, si cela lui coûte 500 €, ces 500 € vont apparaître dans les charges de l’entreprise mais, dans les actifs, la marque n’apparaîtra pas. Si la marque apparaît dans les immobilisations incorporelles, ce sera souvent à son coût d’acquisition. On n’a pas la possibilité, dans les normes comptables françaises, d’actualiser cette valeur.
Si cette marque devait être revendue, elle aurait bien sûr une valeur nettement supérieure à 500 €, mais l’entreprise n’a pas la possibilité de mettre cette valeur dans son bilan. Elle peut faire cela en créant une autre structure et en intégrant sa marque dans cette structure. C’est en faisant un transfert de propriété vers une autre entité que cette valeur peut apparaître au bilan. Au final, on se retrouve avec des bilans qui ne sont pas du tout révélateurs de la valeur des sociétés par rapport à leurs actifs. On est toujours dans cette même logique pour tous les actifs immatériels.