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Industrie : le repli de décembre ne remet pas en cause un scénario d'amélioration au premier semestre 2026
ANALYSE
✍️ Par Yannick URRIEN
ING France relaie l’analyse de son experte macroéconomique, Charlotte de Montpellier, après le recul de la production manufacturière observé en décembre. Pour la banque, la baisse du mois, concentrée sur un secteur spécifique, ne modifie pas la trajectoire d’un redressement attendu de l’industrie française au début de 2026. En décembre, la production manufacturière recule de 0,8 % après une hausse de 0,5 % en novembre.
Ce repli s’explique quasi exclusivement par la baisse de la production de matériels de transport, qui pèsent environ 13 % de l’industrie manufacturière. Dans ce segment, la construction aéronautique et spatiale enregistre une nette diminution, effaçant les progressions des trois mois précédents. ING souligne toutefois le caractère habituellement volatil de cette branche et juge la correction mensuelle peu préoccupante : sur un an, la fabrication de matériels de transport demeure en hausse de 12,4 %.
Au-delà de ce point noir, le reste du tableau apparaît plus favorable. En décembre, la cokéfaction recule de 0,9 % sur un mois, mais toutes les autres branches industrielles voient leur production progresser, ce qui renforce l’idée d’un choc sectoriel plutôt que d’un retournement généralisé.
Sur le scénario central, ING maintient sa prévision d’une amélioration conjoncturelle de l’industrie au premier semestre 2026, portée par le redressement européen et l’effet d’entraînement attendu du plan de relance allemand. L’amélioration du climat des affaires est présentée comme un signal encourageant, tandis que de meilleures perspectives d’activité et le redressement des carnets de commandes devraient, selon la banque, se traduire par une hausse de la production dans les prochains mois.
Plusieurs soutiens structurels sont mis en avant, au premier rang desquels la montée des dépenses de défense, susceptible de stimuler durablement certains pans industriels. La production aéronautique est également identifiée comme un moteur de croissance appelé à rester déterminant. Le tableau comporte néanmoins des risques. La récente appréciation de l’euro pourrait peser sur la compétitivité à l’export et, par ricochet, sur l’activité, notamment en France.
ING rappelle l’estimation de la BCE selon laquelle une hausse supplémentaire de 4,3 % de l’euro face au dollar retrancherait 0,1 point de croissance au PIB de la zone euro. Autre frein potentiel : la pression fiscale élevée sur les entreprises. Enfin, les dernières enquêtes signalent des intentions d’investissement toujours faibles. Dans ce contexte, ING juge les perspectives 2026 « modérément positives », avec une croissance du PIB attendue autour de 1 %, après 0,9 % en 2025.