Le déficit commercial : une plaie française.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par CM

Alors que l’Allemagne est très exportatrice, de longue date, la France, malheureusement, affiche depuis 2003 un solde de sa balance commerciale très négatif. En 2025, le déficit a été de 69,2 milliards d’euros, c’est une amélioration de 10 milliards d’euros, ce qui poursuit la décrue entamée en 2023 après un record de 161,7 milliards d’euros en 2022, sur fond de guerre en Ukraine et d’envolée des prix énergétiques. En 2025, nous avons exporté de l’électricité, et importé moins cher le baril de pétrole, c’est assez intéressant.


Excédent commercial alimentaire au plus vas depuis 25 ans.

En revanche, l’excédent commercial alimentaire est au plus bas depuis au moins vingt-cinq ans, avec seulement 200 millions d’euros. Dans ce secteur traditionnellement excédentaire, la France a frôlé un déficit. Le solde des biens énergétiques s’est amélioré de 11,2 milliards d’euros, la baisse des prix des hydrocarbures que nous sommes obligés d’importer, à quantité constante ou presque, a été tout à fait heureuse. La hausse de 18,3 % des ventes du secteur aéronautique (68 milliards d’euros d’exportations sur toute l’année 2025) a permis également de soigner quelques plaies béantes. Il y a eu bien sûr aussi des exportations d’électricité historiquement hautes, du fait de la bonne disponibilité du parc nucléaire.

Un certain nombre d’importations de biens manufacturés ont diminué, le solde des produits pharmaceutiques s’est également amélioré selon les statistiques des douanes. Le déficit des biens au sens des douanes est revenu de 2,8 % du PIB en 2024 à 2,4 % en 2025. Il s’agit là d’une hémorragie régulière, qui prive la France de ressources, de devises. Ce déficit est le révélateur de notre dépendance à la production chinoise. Le solde avec l’empire du Milieu s’est détérioré de 3,9 milliards d’euros pour un déficit de 50 milliards. Cela représente plus de 70 % de notre déficit commercial, la Chine est beaucoup plus compétitive que la France, de l’ordre de 30 %, c’est énorme. Beaucoup d’affaires industrielles françaises fonctionnent avec des intrants chinois.


Des intrants chinois partout.

On a pu le constater avec les rappels en série dans les poudres de lait. Cela provenait d’une intégration dans lesdites poudres de lait de produits d’origine chinoise, qui se sont avérés frelatés. Conséquence de plusieurs décennies de délocalisations, notre tissu industriel s’est vidé. La politique volontariste insufflée entre la fin de la présidence Hollande et le crépuscule de l’ère Macron a permis juste de stopper l’hémorragie, sans pour autant recréer le tissu industriel nécessaire à un rééquilibrage des échanges économiques.

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