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Trésorerie des TPE : 2025 marque un palier, sans véritable redressement.
ANALYSE
✍️ Par Yannick URRIEN
Les très petites entreprises ont traversé 2025 sur un mode défensif. D’après l’Observatoire de la trésorerie des TPE et PME publié par Axonaut, la dégradation financière observée depuis plusieurs exercices ralentit nettement, mais le secteur ne retrouve pas une trajectoire de croissance. La tendance dominante est celle d’une stabilisation, après plusieurs années de recul marqué.
En moyenne, une TPE disposait en 2025 de 16 118 euros de trésorerie sur son compte professionnel, tout en supportant 29 038 euros de factures impayées. L’écart illustre une fragilité structurelle : une partie significative des ressources reste immobilisée dans des créances, au moment même où la trésorerie disponible demeure limitée.
Le signal le plus favorable concerne les impayés, qui reculent de 2% sur un an, après trois années de hausse continue. Parallèlement, la trésorerie ne baisse “que” de 4% en 2025, contre -9% en 2024 et -21% en 2023. Autrement dit, la contraction se tasse, ce qui suggère un début de normalisation, même si le niveau atteint reste bas.
Le contraste est net avec 2022. Dans le contexte post-Covid, une TPE moyenne affichait alors environ 26 000 euros de trésorerie, soit près de 10 000 euros de plus qu’en 2025. Les impayés, à l’époque, s’établissaient à 17 350 euros en moyenne. Malgré l’inflexion de 2025, ils demeurent aujourd’hui très élevés : 29 038 euros, soit 11 688 euros supplémentaires par rapport à 2022.
L’évolution parallèle de la trésorerie et des impayés sur trois ans renforce l’idée d’un lien direct entre les deux. Pour de nombreuses TPE, la situation dépend moins d’un manque d’activité que d’un décalage de cash : les ventes existent, mais l’encaissement tarde. Dans cette logique, la réduction des délais de paiement et l’amélioration du recouvrement apparaissent comme des leviers immédiats pour desserrer l’étau, plus encore que des mesures de financement ponctuelles.
L’étude invite aussi à surveiller l’effet de la généralisation de la facturation électronique en 2026. Sur le papier, la réforme peut contribuer à raccourcir les délais et à limiter les impayés, donc à améliorer la trésorerie. Mais Axonaut souligne un second scénario : une fragilisation possible en cas de non-conformité, si des entreprises mal préparées se retrouvent en difficulté administrative ou opérationnelle, avec des risques de retards de facturation ou d’encaissement.
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