Un croquis d'un immeuble

Bien'ici décrit une France du logement à deux vitesses.

IMMOBILIER

✍️ Par Yannick URRIEN

Après deux années marquées par l’incertitude, l’année 2025 referme une séquence plus favorable pour l’immobilier ancien. C’est le principal enseignement du bilan publié par Bien’ici, via son Observatoire, construit à partir d’une analyse quasi en temps réel de plus d’un million d’annonces. La plateforme, qui revendique un record de plus de 220 millions de visites sur l’année, évoque néanmoins un constat plus contrasté : la reprise des transactions cohabite avec une crise du logement qui s’aggrave, portée par l’assèchement de l’offre locative et les difficultés persistantes du marché du neuf.

Pour Bien’ici, 2023 a cristallisé le choc du marché et 2024 a joué un rôle de transition. En 2025, l’activité dans l’ancien retrouve de la tenue, soutenue par la stabilisation des taux d’emprunt. Le retour des ménages en agence se traduit par une progression de la demande de 11% par rapport à 2024. Cette amélioration s’accompagne, selon l’Observatoire, d’une meilleure fluidité, dans un contexte où l’offre de biens à vendre reste présente. Autre évolution notable : les vendeurs ajusteraient davantage leurs prétentions à la réalité économique, ce qui contribuerait à raccourcir les délais de vente.

Parmi les indicateurs suivis, la durée de diffusion des annonces recule en 2025. Bien’ici fait état d’une baisse moyenne de 10 jours sur l’année, avec une annonce affichée environ 80 jours. Les écarts demeurent importants. Les appartements se vendent plus rapidement (70 jours) que les maisons (90 jours). Les contrastes régionaux restent marqués, avec 63 jours en Île-de-France contre 98 jours en Centre-Val de Loire.

Sur le front des prix, la plateforme relève une relative stabilité en 2025. Les niveaux moyens affichés restent plus élevés pour les appartements, à 4 750 euros le mètre carré, que pour les maisons, à 2 763 euros. Sans surprise, les prix les plus hauts se concentrent dans un trio de villes franciliennes, Paris se distinguant avec des niveaux moyens affichés au-delà de 11 000 euros le mètre carré.

En parallèle, le marché locatif apparaît comme le point de fragilité majeur. Bien’ici souligne que l’offre de biens à louer a été divisée par deux depuis 2021. En 2025, elle se contracte encore de 10%, accentuant la rareté. La conséquence, décrite comme directe, touche d’abord les jeunes actifs et les étudiants, davantage exposés aux tensions de marché. Reste une inconnue, selon l’Observatoire : l’impact de la nouvelle méthode de calcul du DPE, qui pourrait permettre la réintégration d’environ 700 000 logements aujourd’hui considérés comme des « passoires thermiques » dans le parc locatif, et contribuer – ou non – à desserrer l’étau.

Le neuf montre quelques signes de reprise côté intérêt des ménages. Bien’ici observe une hausse de 13% de la demande sur les programmes neufs en 2025. Pour autant, la situation reste jugée très dégradée. La plateforme pointe un marché contraint par des coûts de construction difficiles à compresser et par un niveau d’incitations fiscales jugé insuffisant pour relancer l’investissement locatif.

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