L'Allemagne : l'homme malade de l'Europe.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

L’Allemagne ne va pas bien. Elle a aligné trois années consécutives de stagnation, de légère baisse de son PIB. Cela n’était pas vraiment prévu. L’Allemagne a vécu pendant plusieurs décennies avec l’ordolibéralisme. Cela veut dire Economie sociale de marché, une régulation du libéralisme économique, il se distingue très nettement du libéralisme anglo-saxon.

Il légitime l’intervention de l’Etat, chargé de définir un cadre légal et institutionnel et de veiller à l’effectivité de la concurrence. Les ordolibéraux défendent mordicus la stabilité monétaire et donc l’indépendance de la Banque centrale, une politique budgétaire équilibrée mais aussi la négociation, au plus près du terrain, entre employeur et syndicats. C’est une conception très décentralisée du pouvoir, qui est adaptée à la longue histoire des provinces allemandes, pendant très longtemps autonomes, jusqu’à l’unification de 1871.


Beaucoup de différences entre patrons français et teutons.

Il y a beaucoup de différences entre les patrons français et allemands, car ces derniers ont un attachement traditionnel à leur territoire national, alors que leurs homologues ont une relation plus conflictuelle avec le leur. En Allemagne, le système politico-patronal fonctionne, alors qu’en France, le MEDEF et le pouvoir se parlent par voie de presse. L’Allemagne vit une crise à double ou triple origine. Tout d’abord, il y a eu la difficile intégration des migrants accueillis par Angela Merkel il y a une dizaine d’années de cela, qui n’ont pas pu devenir des Allemands purs et durs, avec les vraies valeurs allemandes, comme d’autres vagues de migration avaient pu le faire dans le passé, notamment après la chute du Mur de Berlin, avec la récupération de plusieurs millions « d’Allemands de souche » qui venaient de Russie, de Pologne, de l’ancienne Yougoslavie ou de Roumanie.

Ensuite, il y a eu la décision bizarre d’Angela Merkel de supprimer l’énergie nucléaire et de remplacer, au moins de façon transitoire, par une forte dépendance au gaz, dont le gaz russe principalement. Patatras, avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie, il a fallu lever le pied sur l’importation de gaz russe, et le gazoduc North Stream a été interrompu, victime d’un attentat (d’origine ukrainienne). Il a fallu faire face à une envolée du cours de l’électricité, qui est toujours au double du prix constaté en France, et cela n’a pas été très heureux pour les consommateurs, notamment les industriels électro-dépendants.


Dépendance aux exportations vers la Chine.

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