Le maire d'Aiglun s'inquiète de la volonté de l'État de regrouper les petites communes.

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Anthony Salomone, maire d'Aiglun (Alpes-Maritimes) : « On assiste à une destruction de notre modèle. »

Le maire d'Aiglun, un village de 110 habitants situé dans les Alpes-Maritimes, s'insurge contre la baisse des dotations de l'État qui déstabilise les finances de sa commune. Il dénonce une baisse de 30% du budget de sa commune en trois ans, alors que sa population a augmenté de 15% en six ans. L'élu conteste aussi des injonctions contradictoires de la part de l’État et il redoute une volonté du pouvoir central de fusionner les petites communes. Il répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.


L’Hebdo-Bourseplus : Certains observateurs estiment que les petites communes ne sont plus viables et que les regroupements sont nécessaires. Est-ce cela qui vous a conduit à lancer cette alerte ?

Anthony Salomone : C’est d’abord le fruit d’un constat. Nous avons fait un calcul sur le budget, avec les dotations de l’État, puisque c’est la DGS qui permet aux communes de fonctionner, sinon nous sommes en difficulté. Aujourd’hui, on observe que l’État ne respecte plus cela. Nous avons eu une baisse de 13 000 €, cela peut ne pas paraître énorme, mais c’est quand même 10 % de notre budget. En trois ans, nous en sommes à 16 % de baisse, soit 26 000 €, pour un budget de 150 000 €. Ces baisses fragilisent énormément les communes.

On sait que depuis quelques années, il y a une volonté d'économiser sur l’administration des petites collectivités locales en faisant des regroupements de communes. Je regrette que tout cela ne soit pas porté au débat. On fait cela de manière insidieuse, puisque l’on nous oblige à augmenter notre fiscalité pour avoir plus de dotations.

Derrière, on étouffe davantage les contribuables. L’État m’explique que la richesse fiscale par habitant a augmenté : c'est faux, les algorithmes de calcul des dotations sont complètement opaques et, quand on demande des explications, on ne les a pas. Il y a une déconnexion avec la réalité du terrain. On oublie que l’économie passe par le réel, on a des employés, on travaille avec le minimum, on doit aussi aider des associations...

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