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Le pouvoir d'achat des ménages se contracte fortement dans les grandes villes.
IMMOBILIER
✍️ Par Yannick URRIEN
Le fossé entre revenus et accès au logement continue de se creuser dans les grandes métropoles françaises. Selon une étude exclusive publiée par Bien’ici, fondée sur l’analyse de dizaines de milliers d’annonces immobilières, le pouvoir immobilier réel des ménages a nettement reculé en cinq ans dans les 11 plus grandes villes de France, aussi bien à la location qu’à l’achat. Si Paris reste, sans surprise, largement hors catégorie, l’étude met en lumière une France urbaine profondément contrastée, où Toulouse, Nantes ou Rennes demeurent relativement plus accessibles que Nice, Lyon ou Bordeaux.
L’objectif de cette analyse est volontairement concret. Bien’ici cherche à répondre à une question centrale pour les ménages : avec les revenus de mon foyer, quel type de logement puis-je raisonnablement viser dans les grandes villes françaises, et l’arbitrage est-il plus favorable à la location ou à l’accession à la propriété. Du studio au T5, l’étude met en évidence des écarts de pouvoir immobilier qui peuvent aller du simple au triple selon la localisation et la typologie du bien.
Le classement confirme la singularité parisienne. Dans la capitale, les niveaux de revenus nécessaires pour se loger dépassent très largement ceux observés ailleurs. Pour louer un simple deux-pièces, un ménage doit disposer d’environ 5 000 euros de revenus mensuels, quand le même type de logement reste accessible autour de 2 000 à 2 150 euros à Toulouse, Nantes ou Rennes. À revenus identiques, un foyer contraint à un studio à Paris peut ainsi prétendre à un trois-pièces, voire davantage, dans ces métropoles plus abordables.
Derrière Paris, un second groupe de villes concentre les tensions. Nice, Lyon et Bordeaux apparaissent comme les marchés les plus exigeants après la capitale. En location comme à l’achat, les revenus requis pour un logement familial y franchissent régulièrement le seuil des 4 100 à 5 000 euros mensuels pour un quatre-pièces. À Nice, l’achat d’un T4 dans l’ancien nécessite même plus de 8 650 euros de revenus mensuels, illustrant la pression extrême exercée sur les ménages.
À l’inverse, certaines métropoles conservent une accessibilité relative. Nantes et Rennes, en particulier, se distinguent par des niveaux de revenus nécessaires plus contenus, permettant à davantage de ménages d’envisager un projet d’accession. Pour un T4 ancien, les revenus requis y oscillent généralement entre 4 300 et 4 700 euros, bien en deçà des grandes villes les plus tendues.
L’étude consacre un focus spécifique aux trois-pièces, considérés comme un véritable baromètre du pouvoir immobilier urbain. Très présents à la location et largement plébiscités à l’achat, notamment par les primo-accédants, les T3 illustrent de façon particulièrement parlante la dégradation de l’accessibilité. En décembre 2025, louer un T3 nécessite environ 7 250 euros de revenus mensuels à Paris, contre 3 400 à 4 000 euros dans la plupart des grandes métropoles, et seulement 2 650 à 2 700 euros à Toulouse, Nantes ou Rennes. À l’achat, l’écart se creuse encore davantage, avec près de 9 700 euros de revenus nécessaires à Paris pour un T3 ancien, contre environ 3 400 à 3 700 euros dans plusieurs autres villes.
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