Un croquis d'un immeuble

Immobilier locatif : le bail civil, une fausse échappatoire aux lourdes conséquences juridiques.

IMMOBILIER

✍️ Par Yannick URRIEN

Présenté par certains propriétaires comme une solution alternative pour s’affranchir des contraintes de la location classique, le bail civil suscite un intérêt croissant sur le marché immobilier.

Mais derrière cette apparente simplicité se cache un risque juridique majeur. Dans un billet d’humeur sans détour, David Brauman, fondateur du cabinet Brauman & K, met en garde contre ce qu’il qualifie de « combine miracle » vouée à se retourner presque systématiquement contre les bailleurs.

Selon David Brauman, l’attrait du bail civil s’explique par un contexte réglementaire de plus en plus contraignant pour les propriétaires. Encadrement des loyers, rigidité de la loi de 1989, multiplication des obligations déclaratives : « quand on voit la densité des règles et la pression permanente, on finit par chercher une respiration », observe-t-il. Le bail civil donne alors l’illusion d’un retour au contrôle, en dehors du cadre strict de la location d’une résidence principale.

Cette illusion ne résiste toutefois pas à l’épreuve des faits. Comme le rappelle David Brauman, le droit du logement repose avant tout sur la réalité de l’occupation. Dès lors qu’un logement devient la résidence principale du locataire, peu importe l’intitulé du contrat signé. « La loi cesse d’écouter les intentions. Elle regarde la réalité et elle requalifie », souligne-t-il. Une requalification qui s’opère de manière automatique, sans débat, et qui fait basculer le contrat dans le régime protecteur du bail d’habitation.

Le déséquilibre est alors brutal. David Brauman insiste sur le renversement du rapport de force qui s’opère au profit du locataire. Ce dernier peut invoquer la requalification au moment qui lui est le plus favorable, déclenchant l’application rétroactive des règles que le propriétaire pensait avoir contournées. Encadrement du loyer, durée légale du bail, protection contre la résiliation : « ce sont les règles du logement classique qui reviennent en force », résume le fondateur de Brauman & K.

Loin de stigmatiser les bailleurs, David Brauman dit comprendre leur tentation. Être propriétaire bailleur en France s’apparente souvent, selon lui, à « un parcours du combattant ». Mais céder à la promesse d’un contrat prétendument plus libre revient à s’exposer à des conséquences lourdes : contentieux, remboursements de trop-perçus, remise à plat complète de la relation locative. « Le bail civil, dans ce contexte, n’est qu’un piège déguisé en solution », tranche-t-il.

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