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2026 : entre recomposition économique mondiale et redéfinition des moteurs de marché.
ANALYSE
✍️ Par Yannick URRIEN
L’année 2026 s’annonce comme un moment charnière pour l’économie mondiale, prise entre l’héritage de décennies de stabilité - la « grande modération » - et l’émergence d’un environnement plus fragmenté.
Selon les analyses conjointes d’Axel Botte, directeur de la stratégie marchés, d’Alexandre Caminade, directeur des gestions taux souverains, émergents et aggregate, de Philippe Berthelot, directeur des gestions crédit et monétaire, et de Frédéric Leguay, directeur de la gestion actions fondamentales chez Ostrum AM, plusieurs tendances structurelles s’installent : la déglobalisation accélérée par les politiques protectionnistes américaines, la montée en puissance de l’intelligence artificielle comme moteur macroéconomique à part entière, et l’évolution du cadre monétaire qui redéfinit le rôle des banques centrales.
Aux États-Unis, Axel Botte souligne que le retour de Donald Trump à la présidence accroît l’incertitude économique, générant une croissance inférieure au potentiel, à l’exception du secteur de l’IA, devenu un contributeur majeur de la richesse nationale en 2025. La dualité entre technologies et reste de l’économie devrait perdurer, dans un contexte où l’inflation reculerait progressivement tandis que le chômage poursuivrait sa remontée.
En zone euro, la dynamique est plus homogène : les plans d’investissement allemands, malgré un déficit supérieur à 3 %, devraient soutenir l’activité et compenser en partie la consolidation attendue en France. La croissance pourrait dépasser 1 %, portée notamment par l’Espagne, même si les pressions salariales maintiendront l’inflation légèrement au-dessus de 2 %.
La situation chinoise reste contrastée, avec une demande intérieure fragile, un recentrage sur les technologies avancées et un secteur immobilier en contraction. Sur le plan monétaire, Alexandre Caminade anticipe une année asymétrique : la BCE devrait maintenir son taux de dépôt autour de 2 % tout en poursuivant la réduction de son bilan, tandis que la Fed, en recomposition après le départ de Jerome Powell, pourrait adopter une orientation plus accommodante, ramenant les Fed funds autour de 3 %. En Europe, les taux longs allemands évolueraient dans un cadre de volatilité modérée, soutenus par la demande pour les actifs refuges, mais confrontés à la hausse des émissions et aux effets de la réforme des fonds de pension néerlandais.
Sur le marché du crédit, Philippe Berthelot estime que l’environnement de 2026 devrait prolonger celui de 2025 : croissance modérée, inflation proche de l’objectif et qualité de crédit stable créent un contexte favorable, même si les spreads se montrent moins généreux en comparaison historique. Les émissions en « Reverse Yankees » pourraient atteindre un nouveau record, portées par les investissements massifs dans l’IA, tandis que les interrogations persistent sur la solidité du crédit non-coté américain.
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