Ces 10 intelligences qui changent tout ! Apprenez à développer vos compétences atypiques.

LITTÉRATURE

✍️ Par Yannick URRIEN

Christophe Bourgois-Costantini est coach de vie. Formé à HEC, il accompagne de nombreuses personnalités du monde de l'entreprise, du sport et de la politique, notamment Rafael Nadal, Jean Todt, Thierry Marx et bien d’autres. Conférencier et intervenant en écoles de management, il est également l'auteur des ouvrages « Les 100 meilleurs exercices d'autocoaching » et « Devenez 10 x plus intelligent ! ». Dans son dernier livre, il explique que « nous avons tous en nous une richesse insoupçonnée, une force extraordinaire que l'on a oubliée. Dès notre plus jeune âge, on nous apprend à séparer le corps de l'esprit, comme si le « mental » et la « volonté » opéraient indépendamment du reste. Pourtant, nous possédons des compétences et une intelligence plurielle, des mad skills que nous avons dû taire pour nous conformer aux attentes de la société. Mais il n'existe pas qu'une seule et unique forme d'intelligence, nous sommes en réalité dotés de multiples aptitudes qui se complètent et se renforcent. »

Selon certaines personnes, quelqu'un d'intelligent, c’est celui qui a fait de grandes études. Pour d’autres, c’est celui qui n’a pas fait d’études et qui a réussi dans la vie. On confond souvent l’intelligence avec la culture générale, le fait d’avoir bien appris toutes ses leçons, ou encore le fait d’être débrouillard. Qu’est-ce que l’intelligence ? Christophe Bourgois-Costantini nous livre son analyse : « Quand je fais des conférences dans les entreprises, je pose toujours cette question et j’ai autant de réponses différentes que d’individus. J’ai fait Maths sup et Maths spé, on pourrait penser que je suis intelligent, mais j’ai fait mon premier stage chez un paysan et j’ai appris énormément de choses. Un soir, vers 23 heures, il se lève pour aller semer. Je suis surpris, mais il m’explique que c’est la pleine lune ascendante et qu’il va avoir 15 % de rendement en plus. En agro, j’ai appris beaucoup de choses, mais pas le vivant. Si ce paysan avait fait un test de Q.I., il aurait probablement été complètement dans les choux... L’intelligence, cela ne veut rien dire. C’est une idée très cartésienne. Descartes a encensé une intelligence mathématique, elle s’est transformée en culte de la performance, alors qu’il y a différentes formes d’intelligence. Nous sommes venus au monde avec différentes formes d’intelligence et les chercheurs sont catégoriques là-dessus. Lorsque nous étions Homo sapiens sapiens, il y a seulement quelques milliers d’années, on se trimbalait par groupes de 60, c’est le fameux nombre mythique de la collaboration maximum, avec un chef et une organisation. On avait déjà une intelligence de la nature, puisque l'on savait quelles plantes manger ou non. On avait une intelligence kinesthésique, puisque l'on savait marcher, tailler des objets et se battre. Notre première intelligence, c’est l’écoute. On écoutait déjà les bruits de la nature pour ne pas se faire dévorer. On avait l’intelligence spirituelle, puisqu'on priait déjà des dieux. Nous avons toujours eu un bagage. De quel droit l’aurait-on perdu ? Tout simplement parce que l’école nous place dans un moule. Sur les dix intelligences, il y en a qu’une qui est quantitative, c’est celle de la logique et des mathématiques. Les autres intelligences ne sont pas mesurables. Comment puis-je mesurer le rythme et le son ? Je m’occupe de champions et de politiques, et je vois bien, dans notre vie quotidienne, qu’ils doivent s’accrocher à des aptitudes qui sont uniquement qualitatives et non quantitatives. »

Imaginons qu’il y ait une coupure générale d’Internet et d’électricité pendant quinze jours. Après cette panne géante, on retrouvera des gens perdus, des personnes malades, des gens affolés, mais aussi d'autres qui se seront très bien organisés. Celui qui sortirait indemne d’une telle situation, est-ce un parano qui aura prévu cela à l’avance, quelqu’un qui aura trop regardé de vidéos complotistes ou simplement quelqu’un d’intelligent ? Christophe Bourgois-Costantini insiste sur cette notion d’adaptabilité : « L’adaptation porte sur un instant, alors que l’adaptabilité demande un effort supplémentaire, puisqu’il faut être tout le temps sur le qui-vive. C’est fatiguant, mais c’est la clé de tout. Pendant la crise sanitaire, on a vu des gens qui ont su s’adapter parce qu’ils étaient dans un état permanent d’adaptabilité. Il faut être curieux de soi-même et des autres. C’est aussi un trait d’intelligence. Avant d’être curieux de l’autre, il faut d’abord être curieux de soi-même, puisque la première des intelligences est de savoir qui je suis. La personne la plus importante au monde, c’est d’abord vous. Si vous allez bien, tout le monde ira bien. Je trouve affolant que la probabilité que nous soyons sur Terre soit exceptionnelle, mais les gens ne font pas l’effort de comprendre pourquoi ils sont là. »

Pour comprendre les autres, l’histoire, la sociologie, l’évolution du monde, il faut s’interroger, questionner les autres et parfois même aller vers des chemins interdits. Toutefois, aujourd’hui, il faut être dans la norme : « Tout le monde se ressemble. Une étude passionnante vient d’être publiée aux États-Unis. On distingue le monde en deux parties. 80 % des habitants de notre planète sont des séquentiels. Une séquence doit être logique, comme l’appartenance à une case, par exemple en considérant qu’il est normal d’être augmenté et de gravir des échelons. Et vous avez 20 % d’arborescents, c’est-à-dire des gens qui ont besoin de manier plusieurs choses pour faire quelque chose. L’idée est toujours de rapprocher l’arborescent du séquentiel et l’inverse. Mais il est beaucoup plus compliqué de faire le voyage du séquentiel vers l’arborescent. Tout ce que l’on invente, en informatique, en satellite, ou en guerre, c’est fait par des séquentiels. Il n’y a pas un arborescent qui va passer des heures sur Internet. »

Quels sont les obstacles qui empêchent les adultes de retrouver ces différentes formes d’intelligence, alors qu’elles sont innées ? Pour Christophe Bourgois-Costantini, « le premier obstacle, ce sont les parents, la famille et l’ascension sociale. Il faut montrer que l’on a réussi. Donc, il y a des gens qui ne font pas le métier qu’ils aimeraient faire, ils ont passé des diplômes, mais ils sont malheureux ensuite. La moitié des gens que je coache changent de travail après mon coaching. Ils font enfin ce qu’ils veulent faire et ils sont heureux. Le but, ce n’est pas de réussir dans la vie, mais de réussir sa vie. Ensuite, il y a l’école. C’est l’art de la mesure, donc on met des notes. Mais à part les mathématiques, tout ce qui est sensible, on ne le mesure jamais. Tout cela a été pensé par des séquentiels. En Finlande ou au Danemark, l’école a été pensée par des arborescents et les résultats sont différents, puisque l’on met des élèves en groupes. Ils font plusieurs disciplines différentes et, que je sache, ils ne sont pas plus idiots que nous. »

Dans son livre, il consacre aussi une place importante à l’intelligence existentielle et spirituelle : « Cette intelligence existentielle est fondamentale. C’est celle qui structure un individu. C’est celle des valeurs. Je me rends compte que les gens n’ont plus de philosophie de vie. Un entrepreneur doit donner une philosophie à son entreprise et la partager avec ses collaborateurs. Pourquoi sommes-nous sur Terre ? Quelle empreinte devons-nous laisser ? Les gens sont malheureux parce qu’ils ne trouvent pas leur place. Il faut aussi faire un effort. Un vrai coach n’est pas un gourou. C’est simplement quelqu’un qui aide une personne à grandir. D’ailleurs, les gens ne connaissent même pas la différence entre une question fermée et une question ouverte ! On devrait apprendre cela à l’école. »

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