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Défaillances d'entreprises : la reprise économique freinée par un mois de septembre difficile.
ANALYSE
✍️ Par Yannick URRIEN
Le groupe Altares publie son baromètre trimestriel des défaillances d’entreprises pour le 3ᵉ trimestre 2025, et le constat est préoccupant : 14 371 entreprises ont fait défaut entre juillet et septembre, soit une hausse de 5,2 % sur un an. Ce niveau constitue un record pour une période estivale, marqué par un mois de septembre particulièrement sévère (+6 %).
Les très petites entreprises (TPE) restent les plus fragiles, concentrant près de trois quarts des défaillances. Les structures de moins de 3 salariés enregistrent une hausse de 6 %, tandis que les TPE de 3 à 5 salariés parviennent à stabiliser leur activité (-3 %). En revanche, les entreprises de 6 à 19 salariés subissent un net repli (+9 % à +13 %). Les PME de plus de 100 salariés ne sont pas épargnées : 46 d’entre elles ont déposé le bilan ce trimestre, mettant 10 000 emplois en péril à elles seules. Au total, 52 000 emplois sont menacés, un chiffre proche de celui de 2024. Toutefois, un signal positif émerge : le tiers des procédures concernent désormais des redressements judiciaires ou des sauvegardes, contre moins d’un quart avant 2023. Ces dispositifs permettent à davantage d’entreprises de tenter un rebond.
Les tensions se concentrent dans les secteurs industriels (+17 %) et des services aux entreprises (+9 %). L’industrie manufacturière reste le maillon faible, avec des hausses marquées en métallurgie (+54 %), énergie-environnement (+33 %) ou imprimerie (+45 %). Les services de nettoyage (+35 %), de sécurité (+20 %) et de communication (+13 %) illustrent également la fragilité persistante du secteur tertiaire. À l’inverse, la construction (+2 %) et le commerce de détail (+2 %) résistent mieux. Le gros œuvre (-4 %) et les magasins multi-rayons (-20 %) affichent même des améliorations notables. Certaines niches se redressent, comme le meuble et la restauration rapide, tandis que l’habillement et les soins à la personne restent en repli.
La sinistralité progresse fortement en Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine, Pays de la Loire, Centre-Val de Loire et en Corse. À l’inverse, plusieurs régions montrent des signes de stabilisation, voire de recul, notamment la Bretagne, le Grand Est et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Depuis le début de l’année, 50 700 entreprises ont défailli, soit 1 600 de plus qu’en 2024. En cumul annuel glissant, la France franchit désormais la barre des 68 000 redressements ou liquidations, auxquels s’ajoutent 1 500 procédures de sauvegarde. Pour Thierry Millon, directeur des études d’Altares, la situation reste tendue : « L’économie française est plongée dans un épais brouillard. L’incertitude a gelé les décisions d’investissement et d’embauche, même parmi les dirigeants les plus aguerris. »
Toutefois, quelques signaux positifs apparaissent : les retards de paiement commencent à se résorber, le taux d’impayés des PME demeure contenu sous 1 %, et la part des assignations Urssaf en redressement judiciaire reste inférieure à celle de 2019. Malgré un troisième trimestre dégradé, Altares estime que la fin d’année pourrait marquer un point d’inflexion, notamment si la consommation des ménages se redresse pendant la période des fêtes.
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