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Dépasser la démocratie libérale.
LITTÉRATURE
✍️ Par Yannick URRIEN
Et si la démocratie libérale n’était qu’un décor de carton-pâte destiné à masquer la confiscation du pouvoir par une caste ?
Dans son ouvrage « Dépasser la démocratie libérale », Franck Martini démonte les rouages d’un système qui a troqué la souveraineté du peuple contre le fétichisme des droits et l’idéologie de la vertu.
Avec cet essai rigoureux et solidement étayé, Franck Martini propose une relecture critique des fondements et des évolutions des démocraties libérales contemporaines.
Loin de représenter l’horizon indépassable de la pensée politique moderne, celles-ci apparaissent, à la lumière de ses analyses, comme des régimes à la souveraineté confisquée, où la participation populaire se limite à des rituels formels et où les institutions, sous couvert de grands principes abstraits, n’ont plus vocation qu’à préserver les intérêts d’une élite.
Récemment, dans « Tribune juive », il a publié un texte intitulé « Le village Potemkine de l’Occident » pour qualifier la démocratie occidentale : « C’est un décor. Ce que l’on appelle aujourd’hui la démocratie libérale, on l’appelait jusqu’à la fin du XVIIIᵉ siècle régimes représentatifs et, à l’époque, on ne faisait pas le lien avec la démocratie comme telle. D’ailleurs, quand on parle de démocratie libérale, ce sont deux termes qui ne vont pas spontanément ensemble. La démocratie suppose la souveraineté du peuple, c’est la moindre des choses, alors que le libéralisme est radicalement du côté des droits individuels. Entre les deux, il y a des périodes de crise et des contradictions assez marquées. Aujourd’hui, dans les démocraties, la souveraineté du peuple s’observe de moins en moins. Quand on déclare que les traités sont supérieurs à l’expression du peuple, on est en train de déshabiller le souverain. »
On nous explique parfois que le peuple a mal voté et qu’il faut continuer de le faire voter jusqu’à ce qu’il vote bien : « Ce qui s’est passé en 2005 a été un marqueur très significatif. Il y a eu un référendum, le peuple s’est exprimé et, par des manœuvres parlementaires, on est arrivé au résultat inverse de la volonté populaire. Donc, ce n’est pas exactement une démocratie. Prenons l’exemple de la constitutionnalisation de l’avortement : je ne suis pas pour ou contre, ce n’est pas la question, mais quand on soustrait le choix par le peuple en expliquant que l’on ne peut plus toucher un texte constitutionnel, c’est exactement contraire à une logique démocratique. Nous sommes en totale absurdité. Autre exemple : sur la question de l’immigration, les volontés populaires ne sont absolument pas respectées dans l’ensemble des politiques qui sont menées depuis des dizaines d’années. »
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