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Le climat des affaires résiste mais l'emploi inquiète, selon ING.
ANALYSE
✍️ Par Yannick URRIEN
Le climat des affaires en France est resté stable en septembre à 96 points pour le quatrième mois consécutif, selon l’INSEE. Une stabilité qui pourrait rassurer dans un contexte politique tendu, mais qui masque des fragilités, souligne Charlotte de Montpellier, experte macroéconomique chez ING France. L’enquête a été réalisée après l’annonce du vote de confiance, ce qui signifie que les chefs d’entreprise ont répondu en tenant compte de l’instabilité politique actuelle.
Derrière ce chiffre globalement inchangé, la situation apparaît contrastée. Dans les services, l’indicateur progresse de deux points, mais cette amélioration repose uniquement sur une meilleure perception de l’activité passée. Les perspectives, elles, reculent nettement, explique Charlotte de Montpellier, précisant que la hausse est concentrée sur le sous-secteur de l’information et de la communication, qui ne représente qu’une minorité du secteur. Dans l’industrie, le climat se dégrade avec une production jugée moins favorable et des carnets de commandes en recul. Le commerce de détail atteint son plus bas niveau depuis avril 2022, tandis que le bâtiment reste stable et que le commerce de gros enregistre une légère amélioration.
Le point le plus préoccupant concerne l’emploi. L’indicateur recule à 93, son plus bas niveau depuis janvier 2015 hors période Covid. « La baisse des effectifs prévus dans les services pèse lourdement sur l’ensemble de l’indicateur », observe Charlotte de Montpellier, qui y voit un signal inquiétant pour la conjoncture des prochains mois.
Selon l’économiste d’ING, cette dégradation de l’emploi laisse présager un ralentissement de la croissance d’ici la fin de l’année. Après un troisième trimestre relativement solide, un net coup de frein est attendu au quatrième trimestre. La consommation des ménages, déjà affaiblie par un taux d’épargne au plus haut depuis la fin des années 1970, risque de rester atone dans un contexte de marché du travail moins porteur et d’incertitude budgétaire. Charlotte de Montpellier estime qu’un rebond de la consommation après le recul du premier semestre est peu probable et que les entreprises pourraient adopter des comportements attentistes en matière d’embauches et d’investissements.
Dans ses prévisions, ING table sur une croissance du PIB limitée à 0,6 % en 2025 et 0,8 % en 2026, contre 1,1 % en 2024. Ce manque de dynamisme économique risque d’aggraver le problème budgétaire. Charlotte de Montpellier rappelle que le projet de budget reposait sur une hypothèse de croissance de 1,2 % en 2026, un objectif désormais hors de portée. La tâche du nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu pour faire adopter un budget s’annonce d’autant plus complexe, le déficit français risquant de rester supérieur à 5 % du PIB l’an prochain. « La France devrait conserver en 2026 son statut de plus mauvais élève budgétaire de la zone euro », conclut l’analyste.
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