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Immobilier résidentiel : un premier semestre 2025 sous le signe de la reprise.
IMMOBILIER
✍️ Par Yannick URRIEN
Le marché français de l’investissement résidentiel montre des signes de redynamisation au cours des six premiers mois de 2025. Selon une étude récente publiée par Knight Frank, les volumes investis se sont établis à 1,9 milliard d’euros, soit une progression de près de 20 % par rapport à l’an dernier. L’assouplissement monétaire engagé par la Banque centrale européenne et le reflux de l’inflation ont amélioré les conditions de financement. Toutefois, la croissance française reste modeste, avec une hausse du PIB limitée à 0,5 % cette année. À cela s’ajoutent les incertitudes politiques, qui pèsent sur la visibilité à moyen terme. Dans ce climat de transition, le manque chronique d’offre locative, qu’il s’agisse du parc classique ou du résidentiel géré, constitue un facteur de soutien pour l’investissement.
Les résidences avec services confirment leur rôle moteur, représentant plus de 700 millions d’euros d’investissements sur la période. Le marché des résidences étudiantes se démarque particulièrement, porté par une demande structurellement élevée et par des fondamentaux démographiques solides. L’acquisition du portefeuille YouFirst Campus par Nuveen RE et Global Student Accommodation illustre cette dynamique. À l’inverse, le coliving et les résidences pour seniors connaissent un ralentissement, tandis que les VEFA demeurent en retrait, en lien avec une production neuve atone.
Les acteurs étrangers pèsent de plus en plus dans le marché, concentrant 35 % des volumes au premier semestre. Les fonds d’investissement, notamment, représentent plus de 40 % des capitaux engagés. Cet intérêt traduit la confiance dans la résilience de l’immobilier résidentiel français, particulièrement dans les grandes métropoles universitaires. L’indice de tension locative atteint en moyenne 4,38 en France, avec des pics à deux chiffres dans certaines villes comme Paris ou Lyon. Cette rareté renforce la valeur stratégique des actifs résidentiels pour les investisseurs, qui bénéficient d’une demande captive et durable. Si les loyers poursuivent leur progression en Île-de-France, certaines métropoles régionales connaissent une stabilisation, voire un léger repli. Les arbitrages géographiques devraient donc gagner en importance.
Le résidentiel reste un pilier de l’investissement immobilier en France. Les résidences étudiantes demeurent le segment le plus porteur, mais de nouvelles perspectives émergent, qu’il s’agisse des résidences seniors, du coliving ou des résidences haut de gamme intégrant des services. À plus long terme, le développement de ces formats dépendra autant de la solidité des fondamentaux que du cadre fiscal et réglementaire, encore instable.
Knight Frank anticipe une poursuite de la sélectivité des investisseurs, avec une priorité donnée aux actifs offrant des revenus sécurisés, une localisation stratégique et un potentiel de valorisation durable. L’équilibre entre attractivité pour les investisseurs et accessibilité pour les occupants constituera l’un des enjeux majeurs des prochaines années.
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