Joséphine Baker, l'universelle.
LITTÉRATURE
C’est l’événement musical de la rentrée. Le spectacle « Joséphine Baker » sera joué sur la scène du Théâtre Bobino à Paris du 9 octobre 2025 au 25 janvier 2026. C’est aussi l’occasion pour la rédaction de L’Hebdo-Bourseplus de revenir sur le parcours de cette grande dame. Brian Bouillon Baker a été adopté par Joséphine Baker et Jo Bouillon en 1957. Artiste et écrivain, il a milité pour l'entrée de sa mère au Panthéon et il est le porte-parole de la famille de Joséphine Baker. Il est aussi l’auteur de « Joséphine Baker, l'universelle. »
Brian Bouillon Baker est l'un des enfants de Joséphine Baker. C'est le septième sur les douze qui composaient cette famille nombreuse appelée la famille arc-en-ciel. Aux côtés de sa mère, il a rencontré Dalida, Gilbert Bécaud, la princesse Grace de Monaco ou encore Fidel Castro, car Joséphine Baker a été une personnalité unique adulée dans le monde entier. Elle est devenue l'icône du Tout-Paris des Années folles. Par la suite très engagée, agent secret, résistante, officier de l'armée de l'air, elle symbolise encore aujourd'hui la femme universelle et elle est devenue la première femme noire à entrer au Panthéon.
L’actualité autour de Joséphine Baker va être forte ces prochains mois : « Il va y avoir deux films : un film de cinéma, produit par Studio Canal Plus et un partenaire américain, et une série télévisée sur Netflix. Le film devrait sortir en 2026 et la série Netflix en 2027. À partir de là, un public plus jeune devrait la connaître. Je suis aussi conseiller artistique pour la comédie musicale qui va se jouer à Bobino à partir du mois d’octobre. C’est une troupe très énergique et l’actrice qui incarne Joséphine Baker est formidable. »
Brian Bouillon Baker revient sur la panthéonisation de sa mère : « Je venais d’écrire mon livre « Joséphine Baker, l’universelle » et, tout de suite après la sortie, j’ai été contacté par un collectif intitulé « Osez Joséphine » - ce qui était un clin d’œil à la chanson de Bashung - pour qu’il y ait une pétition en ligne afin de demander la panthéonisation de ma mère. Ce n’est pas la famille qui réclame cela. À l’inverse, rejoindre un collectif, ce n’est pas pareil. Je précise qu’il faut l’accord de la famille pour une panthéonisation. Ce collectif a recueilli des centaines de milliers de signatures, ce qui nous a permis d’être reçus à l’Élysée par le président Macron et son épouse. Et tout est allé très vite. Le président a trouvé que ma mère était très inspirante et ses conseillers m’ont fait savoir que toute la classe politique, de l’extrême gauche à l’extrême droite, était unanime pour que ma mère entre au Panthéon. J’ai d’ailleurs rencontré à plusieurs reprises, dans des cérémonies diverses, tous les leaders politiques, notamment Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Roselyne Bachelot, Valérie Pécresse, Fabien Roussel et Anne Hidalgo. Joséphine Baker était une héroïne française et elle méritait cet hommage suprême qu’est la panthéonisation. J’ai aussi rencontré beaucoup de Français qui étaient heureux de cette décision, même ceux qui ne sont pas toujours d’accord avec le président Macron... »
Elle avait quitté les États-Unis en raison de la ségrégation. Elle racontait souvent que des artistes noirs américains étaient venus la voir entre les deux guerres en étant presque surpris de l’absence d’apartheid en France : « Effectivement, quand ma mère est arrivée à Paris, elle a été surprise en constatant qu’elle pouvait être servie dans les restaurants et les cafés, et qu'elle pouvait entrer dans n’importe quel hôtel, ce qui n’était pas le cas aux États-Unis où il y avait encore la ségrégation. Même si la France était un pays colonialiste à cette époque, elle appliquait quand même les principes des Droits de l’homme. Les êtres de couleur et de religion différentes avaient les mêmes droits que les Français d’origine. Au même moment, aux États-Unis, la ségrégation était encore très forte, notamment dans tous les États du Sud. Ma mère a été accueillie au théâtre des Champs-Élysées et elle a pu constater que dans toute la France, les gens se sont toujours comportés de manière républicaine. Elle a vu cela dès son arrivée en 1925. »
L’auteur raconte son enfance dans son livre car il a côtoyé pratiquement tous ceux qui comptaient sur cette planète : « Cela va des Kennedy à la princesse Grace, de Dalida à Gilbert Bécaud, d’Evita Peron au maréchal Tito, en passant par Fidel Castro, le pape Paul VI, le roi Hassan II, le président Boumediene, le Shah d’Iran ou la reine de Suède... J’ai côtoyé aussi des personnalités anonymes très fortes. » Pour ces personnalités, « elle était universelle. Elle a chanté dans le monde entier. C’était une femme engagée, d’abord contre la barbarie nazie, ensuite pour la paix dans le monde. Elle a rencontré Golda Meir avec nous et le président Sadate, et avant lui Nasser. C’était aussi une maman universelle qui a adopté des enfants venus de différents horizons. Elle disait souvent que son idée était la fraternité universelle. »
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