Des pièces de puzzle qui s'emboitent

Les entreprises françaises face au défi du marché américain

ANALYSE

✍️ Par Yannick URRIEN

En 2024, les États-Unis se sont affirmés comme le deuxième partenaire commercial de la France, avec 48,6 milliards d’euros de biens exportés, derrière l’Allemagne (78 milliards d’euros). Selon une étude de la DGDDI et de l’INSEE, près de 14 700 entreprises françaises – hors secteurs agricoles et financiers – ont exporté vers le marché américain l’an passé, représentant 10,6 % de leurs exportations totales.

Si la majorité des entreprises exportatrices sont des PME ou des microentreprises (44 % chacune), ce sont les grands groupes et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) qui assurent près de 90 % des flux vers les États-Unis. À elles seules, les 5 800 sociétés intégrées dans des groupes concentrent 88 % de ces exportations. Les industries les plus performantes sont celles de la construction aéronautique et navale, des vins et spiritueux, ainsi que de la maroquinerie.

Les microentreprises apparaissent particulièrement vulnérables : pour 22 % d’entre elles, le marché américain constitue leur unique débouché à l’export. En moyenne, ce marché représente 31,3 % de leurs exportations, contre 10,3 % pour les groupes. Cette forte dépendance expose davantage ces petites structures aux variations des conditions économiques et aux politiques douanières.

Les entreprises exportatrices vers les États-Unis emploient plus de 4,2 millions de salariés en équivalent temps plein et génèrent 2 055 milliards d’euros de chiffre d’affaires consolidé en France, soit 35 % de la valeur ajoutée du secteur marchand. L’industrie reste le moteur principal, concentrant 80 % des exportations, notamment dans les secteurs pharmaceutiques, chimiques et des équipements électroniques.

Le taux de marge moyen des entreprises exportant vers les États-Unis s’établit à 35,5 %, supérieur à la moyenne nationale (27,9 %). Mais cette moyenne cache de fortes disparités : les microentreprises affichent un taux de marge élevé (38,4 %) mais très hétérogène, alors que les PME se situent à 27,6 %. L’étude souligne qu’une hausse des droits de douane de 10 % entraînerait une baisse moyenne de 0,6 point du taux de marge, et jusqu’à 2 points pour les structures indépendantes. Avec une augmentation de 30 %, cette contraction pourrait atteindre 12,8 points dans des secteurs comme l’aéronautique.

Environ 2 000 entreprises françaises sont particulièrement exposées, car le marché américain représente plus de 10 % de leur chiffre d’affaires. Ces sociétés concentrent la majorité des exportations dans la maroquinerie, les boissons et le transport aéronautique et naval. Pour elles, un renforcement des barrières douanières constituerait un risque majeur, avec un impact direct sur la rentabilité et la compétitivité.

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