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Immobilier : un marché en pause, en attendant un rebond à la rentrée.
IMMOBILIER
✍️ Par Yannick URRIEN
Après un premier semestre 2025 marqué par des signaux contrastés, le marché immobilier semble entrer dans une phase d’attente. Les indicateurs — prix et taux — demeurent stables, mais les volumes de ventes peinent à retrouver leur dynamique. Selon l’analyse de Bernard Thion, professeur associé à Immonot.com, basée sur une enquête auprès des études notariales, les acquéreurs restent prudents, malgré un contexte économique jugé plus favorable. « Cette tendance à la prudence, révélée dans notre analyse, correspond à ce que nous observons sur le terrain. Même si le marché marque une pause, les fondamentaux restent solides. L’attentisme actuel pourrait annoncer une reprise dès la rentrée », souligne François-Xavier Duny, PDG du Groupe Notariat Services.
Du côté des vendeurs, l’étude montre que 55 % ne se sentent pas pressés de céder leur bien, préférant attendre une opportunité plus avantageuse. En parallèle, 15 % souhaitent une revente rapide, souvent à la suite d’une mutation ou d’une succession, et 30 % conditionnent l’achat d’un nouveau logement à la vente préalable de leur résidence actuelle.
La stabilité des taux d’emprunt reste l’un des points positifs. Les crédits immobiliers se maintiennent depuis trois mois à des niveaux quasi identiques, alignés sur une OAT 10 ans fixée à 3,20 %, qui continue de servir de référence aux banques. Sur le front de l’inflation, les signaux sont également rassurants. Fin juin 2025, on note des baisses significatives dans l’énergie (-6,7 %) et les communications (-12,1 %), compensant les hausses plus modérées dans les transports (+2,9 %) et les services liés au logement (+2,6 %).
Côté acheteurs, la situation est hétérogène. Un tiers des acquéreurs sont des primo-accédants, souvent limités par un plafond de mensualité. Un autre tiers ne pourra se décider qu’après la vente de leur résidence principale. Cette inertie freine le marché, même si la tendance pourrait s’inverser dès la rentrée, avec un regain d’activité attendu après la pause estivale.
Sur le long terme, le marché révèle des déséquilibres notables. Entre 2004 et 2024, le prix des logements anciens a doublé, tandis que les loyers n’ont progressé que de 33 %, un rythme inférieur à l’inflation. Résultat : l’investissement locatif ne séduit plus que 20 % des acheteurs, qui arbitrent souvent en faveur d’autres placements jugés plus rentables. Néanmoins, après une baisse moyenne de 2,1 % en 2024, les prix des logements ont progressé de 1 % sur les six premiers mois de 2025, confirmant une relative stabilisation.
Pour les deux mois à venir, les notaires se montrent divisés : 54 % anticipent une stabilité des prix, contre 46 % qui prévoient une baisse, un chiffre en nette hausse par rapport aux 24 % enregistrés il y a deux mois. Dans ce contexte, la majorité des professionnels (88 %) préconisent de vendre avant