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Taux inchangés : CAFPI observe les premiers effets sur le crédit immobilier.
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Caroline Arnould, directrice générale de CAFPI : « Si vous avez acheté au-delà de 4 %, il faut analyser la renégociation. »
Alors que la Banque centrale européenne marque une pause dans son cycle de baisse des taux, CAFPI fait état d'une stabilisation sur le terrain du crédit immobilier. Sa directrice générale, Caroline Arnould, appelle à une nouvelle impulsion dès la rentrée pour consolider la reprise naissante. En juin, l’inflation annuelle en zone euro est revenue à 2 %, soit l’objectif visé par la BCE. L’inflation sous-jacente, stable à 2,3 %, retrouve son plus bas niveau depuis plus de trois ans. « La dynamique salariale s’est nettement calmée : + 1,7 % au deuxième trimestre contre + 5,4 % un an plus tôt. Tous les signaux convergent vers une désinflation maîtrisée, et donc vers un environnement propice à une poursuite de la baisse des taux », indique Caroline Arnould.
Chez CAFPI, les courtiers constatent une stabilisation des barèmes : les prêts sur 20 ans se négocient en moyenne à 3,15 %, avec des conditions parfois inférieures à 3 % pour les meilleurs profils. Un reflux notable par rapport au taux de 4,2 % de fin 2023. Les chiffres confirment cette reprise progressive : ainsi, 7,6 milliards d’euros de crédits immobiliers neufs ont été accordés en juin, selon la Banque de France, loin des niveaux d’avant-crise. Par ailleurs, les transactions stagnent autour de 840 000 ventes sur 12 mois, selon les notaires.
La prochaine réunion de la BCE, en septembre, devrait être décisive : « Si une nouvelle baisse des taux était annoncée à l’automne, cela pourrait véritablement relancer la machine », souligne CAFPI.
L’Hebdo-Bourseplus : Les baisses ou les hausses minimes, par exemple de 2,5 % à 3 %, ont-elles réellement une incidence, puisque l’objectif du particulier reste quand même d’obtenir son prêt immobilier ?
Caroline Arnould : Oui, cela peut quand même avoir une incidence, cela dépend des proportions. Les taux sont stabilisés depuis le deuxième trimestre. Pour le mois de juillet, on constate que nous sommes autour de 3,14 % sur 20 ans, ce qui était déjà le cas au cours du premier trimestre. Nous sommes vraiment sur des taux qui se stabilisent. Nous sommes sur les mêmes taux qu’au deuxième trimestre, 3,27 % sur 25 ans, donc c’est une stabilisation. Les taux courts ont bien baissé et le reste est assez stabilisé. Nous sommes plutôt dans quelque chose de stable, avec des banques qui ont vraiment de l’appétit pour le crédit, et l'on a vu fleurir des offres dynamiques, ce qui a fait revenir les emprunteurs assez massivement sur le marché, notamment les primo-accédants. L’année dernière, il y avait un point de différence.