La fête est aussi un sujet sérieux : OnParty lève 1 M€ pour dynamiser l'économie de la nuit.

LA NOUVELLE ÉCONOMIE INTERVIEW

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Jordan Cohen, cofondateur d’OnParty : « Cette économie de la nuit devient une véritable industrie. »

Le monde de la nuit représente une réelle activité économique. Des soirées privées confidentielles aux clubs les plus en vue, cet univers festif est trop souvent opaque et réservé à une minorité. OnParty est une start-up qui organise et dynamise l'écosystème de la nuit. Elle permet d’accéder à des soirées privées, de se connecter à des personnes partageant les mêmes envies et de trouver des DJ et des prestataires pour des événements. OnParty crée ainsi un véritable réseau social événementiel. Déjà présente dans cinq destinations majeures, la jeune pousse affiche une croissance de 76% sur les 6 derniers mois et fédère plus de 150 partenaires (clubs, festivals, collectifs). Contrairement aux billetteries classiques et aux plateformes d'agenda, elle mêle réseau social, moteur de recommandations, outil d’organisation et espace communautaire. L’entreprise annonce une levée de fonds d’un million d’euros.


L’Hebdo-Bourseplus : Pendant très longtemps, l’économie de la fête a semblé difficilement quantifiable. On regardait cela presque avec condescendance, alors qu'il s'agit de milliers d’emplois. Quelle photographie faites-vous de cette économie ?

Jordan Cohen : L’économie de la nuit, longtemps, c’était un patchwork mal défini, avec des bars, des clubs, des DJ, des vigiles, des taxis, la restauration nocturne… C’était un écosystème vivant, mais éclaté. Les pouvoirs publics ont regardé cela de manière marginale. Depuis la crise sanitaire, les choses ont changé. Beaucoup de professionnels se sont numérisés. Il y a de plus en plus de grands groupes, comme Paris Society ou Moma, et cette économie de la nuit devient une véritable industrie. Il y a de plus en plus de données. La fête est un levier d’image et l'on voit de plus en plus de grandes marques qui achètent des clubs ou des restaurants festifs. Donc, c’est un marché qui est en train de se structurer.


L’image du patron de boîte de nuit qui paye en espèces son disc-jockey à cinq heures du matin est-elle encore fondée ?

Oui, ce n’est pas terminé, il y a encore un peu les deux. Cependant, la plupart des artistes ou des DJ veulent être payés avant, sur factures, et il y a des contrats. Il y a toujours des petits clubs qui ont ces anciennes habitudes, mais les choses évoluent fortement dans un milieu qui se structure de plus en plus. La digitalisation est de plus en plus forte. La plupart des grands patrons veulent travailler avec des données et que tout soit propre.

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