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PME : Présumées coupables d'être trop petites ?
AVIS D’EXPERT
✍️ Par Fidel Martin, président d'Exoé.
Certaines phrases sont devenues un rituel, un refrain que l’on entend un peu trop souvent : « Le choix a été difficile, les dossiers étaient très semblables. » « Ce n’est pas une question de taille, mais de capacité à répondre aux enjeux. » Ces formules toutes faites cachent une vérité bien moins glamour : dans les appels d’offres, publics ou privés, quand les notes sont à égalité, la balance penche presque toujours du côté des plus grosses structures. Ce n’est plus un simple biais, c’est une injustice systémique.
À compétences égales, inégalités flagrantes
Les appels d’offres sont censés être synonymes d’objectivité et de transparence. Sur le papier, tout est carré : critères clairs, grille de notation, pondérations précises. En réalité ? C’est une autre histoire. Trop souvent, les petites entreprises savent dès la publication qu’elles n’auront guère de chance, même quand leurs propositions sont techniquement et financièrement irréprochables. Pourquoi ? Parce qu’on mise sur la taille, la notoriété, l’image rassurante des grands noms, quitte à oublier l’agilité, la réactivité et l’implication souvent bien supérieures des moins grands acteurs.
Un réflexe de confort, un vrai frein à l’innovation
Ce que l’on perçoit souvent, c’est ce sentiment amer : avoir coché toutes les cases, avoir proposé une offre solide, et pourtant se voir opposer un classique « Vous n’avez pas démérité, mais l’autre paraît plus structuré. » C’est là que le bât blesse : on juge les PME sur ce qu’elles ne sont pas encore, tandis que les grandes entreprises sont valorisées pour ce qu’elles incarnent déjà. On exige des petites structures qu’elles démontrent deux fois plus, qu’elles anticipent les doutes, qu’elles surcompensent leur taille. On ne leur accorde presque jamais le bénéfice du doute.
Cette préférence tacite pénalise tout le monde
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