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L'État peut-il prêcher la souveraineté numérique sans l'appliquer à lui-même ?
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Philippe Latombe, député Renaissance de Vendée : « L’exécutif veut absolument que nous ayons un cloud souverain. Mais, pour l’instant, ce ne sont que des paroles. »
Le député Philippe Latombe tire la sonnette d’alarme sur la question sensible de la souveraineté numérique : l’État peut-il préconiser la souveraineté numérique sans pour autant l’appliquer à lui-même ? Par exemple, le parlementaire s'interroge sur le choix de plusieurs institutions publiques majeures (Élysée, Matignon, Bercy, Assemblée nationale, ministère de la Transition écologique) qui ont confié leur complémentaire santé à la licorne française Alan, qui héberge ses données chez Amazon Web Services (AWS), soumise au droit américain notamment au Cloud Act.
Par ailleurs, la CNIL a autorisé un projet de traitement massif de données de santé (qui concerne 10 millions de Français) dans le cadre du projet européen DARWIN UE, hébergé par Microsoft Ireland, filiale du géant américain. L’association Les Licornes Célestes et plusieurs acteurs du numérique ont demandé la suspension d’une délibération de la CNIL autorisant ce traitement, en estimant qu’il exposait des données sensibles à une possible collecte par les autorités américaines. Philippe Latombe répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus.
L’Hebdo-Bourseplus : Cela fait plusieurs années que vous suivez cette question du numérique. Vous venez d’interpeller le gouvernement sur le fait que de nombreuses administrations persistent à faire appel à des opérateurs américains de cloud. Quelle est la situation ?
Philippe Latombe : Il y a des technologies qui existent, il faut arrêter de penser qu’il n’y a que les Américains ! Nous avons des opérateurs de cloud, français et européens, qui fonctionnent bien et nous avons de très bons hébergeurs, comme OVH. On a la capacité de mettre de l’IA sur ces hébergeurs. Les Américains ont une profondeur et une largeur de gamme très importantes, donc ils sont quasiment incontournables, comme Microsoft. AWS fait beaucoup de choses sur la gestion logistique et ils sont très bons sur ce sujet. Il y avait une volonté politique du parlement, qui n’était pas celle de l’exécutif, jusqu’à il y a quelques mois, mais les choses ont changé. L’exécutif veut absolument que nous ayons un cloud souverain.
Mais, pour l’instant, ce ne sont que des paroles, puisque l’administration n’a pas dit oui. Dans les marchés publics, les choses sont assez complexes. L’administration décide de prendre de l’américain, souvent parce que c’est plus simple à déployer, et aussi parce que c’est moins cher. C’est la raison pour laquelle je râle contre l’Éducation nationale, mais aussi contre l’École polytechnique, parce que rien ne change, alors que la ministre ne cesse d’expliquer qu’il faut que tout cela change. Il y a une prise en compte et il y a une amélioration des choses au niveau politique. Mais l’administration ne suit pas cette évolution.
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