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Immobilier : un premier semestre 2025 en demi-teinte selon le baromètre SeLoger.
IMMOBILIER
✍️ Par Yannick URRIEN
Le marché immobilier français a évolué avec prudence sur les six premiers mois de l’année. Selon les données publiées par SeLoger, les prix n’ont progressé que de +1 % à l’échelle nationale, contre +1,8 % sur la même période en 2024. Ce ralentissement surprend d’autant plus que les conditions de crédit, en apparence plus favorables en début d’année, laissaient présager une reprise plus marquée de l’activité. Seuls 65 départements ont enregistré une hausse des prix au premier semestre, contre 84 l’an dernier, confirmant une dynamique hétérogène sur le territoire.
Le premier trimestre avait pourtant laissé entrevoir des signes d’embellie. La majorité des segments affichaient alors des évolutions supérieures à celles observées aux mêmes périodes en 2023 et 2022. Cette tendance ne s’est pas confirmée au second trimestre. À l’exception de Paris, toutes les catégories ont ralenti : les dix plus grandes villes enregistrent une stagnation (+0 % contre +1,4 % en 2024), les cinquante premières progressent faiblement (+0,2 % contre +1,5 %), et les zones rurales, en net retrait, n’affichent qu’une hausse de +1,1 %, bien inférieure aux +1,8 % de l’an passé. Dans la capitale, les prix poursuivent en revanche leur redressement avec une croissance de +1,4 % sur le semestre, contre une baisse de -0,2 % un an plus tôt. Paris enchaîne désormais onze mois consécutifs de hausse modérée, à un rythme régulier de +0,2 % par mois en moyenne.
En milieu rural, les +2,4 % constatés depuis janvier s’inscrivent dans la continuité d’une dynamique amorcée après la crise sanitaire. Ce segment conserve une trajectoire singulière, portée par un attrait renouvelé pour les territoires périphériques et une offre toujours relativement accessible. Côté pouvoir d’achat, les habitants des grandes villes ont regagné en moyenne 2 m² grâce à une légère détente des conditions d’emprunt, mais ce gain reste inégal selon les régions.
Sur le front des taux, la tendance s’inverse de nouveau. Alors qu’on anticipait il y a encore quelques mois un repli vers les 3 %, les crédits immobiliers repartent à la hausse, atteignant 3,35 % en moyenne, soit une progression de +0,15 point en trois mois. Parallèlement, les taux longs d’emprunt de l’État (OAT 10 ans) poursuivent leur ascension, passant de 2,8 % en décembre à 3,2 % aujourd’hui, marquant une hausse de 0,4 point en un semestre. Cette évolution contraste avec la politique plus souple de la Banque centrale européenne, qui a abaissé ses taux directeurs de 0,25 point début juin. La dissociation entre politique monétaire et pression sur les marchés obligataires pourrait continuer à peser sur les marges de manœuvre du crédit immobilier au second semestre.