Un sénateur estime que la loi sur la parité communale est inapplicable dans les communes de moins de 1000 habitants.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Jean-François Longeot, sénateur UDI du Doubs : « On veut faire des technostructures pour tuer la décentralisation. »

Le parlementaire Jean-François Longeot, soutenu par des sénateurs de tous bords politiques, a adressé un courrier au Premier ministre, François Bayrou, afin de demander le report de l’application de la loi sur la parité dans les fonctions électives communales aux élections de 2032. Cette réforme, qui impose des listes paritaires même dans les communes de moins de 1000 habitants, inquiète les élus ruraux. La rareté des candidats éligibles menace l’organisation du scrutin et pourrait entraîner des vacances institutionnelles.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous demandez le report de la loi sur la parité communale pour les communes de moins de 1000 habitants. Craignez-vous que des listes ne puissent pas se constituer ?

Jean-François Longeot : Je suis convaincu que l’objectif de cette loi est dans la continuité de ce que certains disent depuis des années, à savoir qu’il y a trop de communes en France, par rapport à l’Allemagne notamment, et qu’il faut supprimer des collectivités. Comme on n’a pas le courage de dire cela clairement, on invente tous les scénarios possibles et imaginables. Et l'on expliquera ensuite aux communes que, comme elles n’ont pas pu constituer un conseil municipal, il faut qu’elles se regroupent avec les communes voisines. Je suis convaincu de cela depuis longtemps.

Je me souviens même de Charles Pasqua qui disait à ceux qui trouvaient qu’il y avait trop de communes en France par rapport à l’Allemagne, qu’il fallait aussi supprimer des fromages parce que nous avons trop de fromages par rapport à l’Allemagne... C’est une constance. Maintenant, on prend les élus à contre-pied en leur proposant quelque chose neuf mois avant les élections municipales. Ils sont confrontés à beaucoup de sujets. Je connais des élus qui veulent repartir et qui me disent qu’il n’y a pas suffisamment d’hommes : donc, cela signifie que vous allez dire à quelques femmes qui souhaitent repartir que ce n’est plus possible.

L’inverse est vrai aussi. Comment le maire va-t-il choisir ? Il risque de se retrouver avec une liste en face, avec peut-être des élus, tout cela pour lui mener un train d’enfer pendant six ans. On est en train d’engendrer une abstention record, parce que je rappelle que ce sont dans les communes de moins de 1000 habitants qu’il y a toujours le plus de votants. Cette fois-ci, qui ira voter en se disant qu’il n’a plus le choix ? Dans une petite commune, imaginez que 10 % des inscrits aillent voter.

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