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Family offices : la guerre commerciale, principal risque identifié pour 2025.
ANALYSE
✍️ Par Yannick URRIEN
Selon l’édition 2025 du Global Family Office Report d’UBS, publiée le 21 mai, les family offices mondiaux placent le risque d’une guerre commerciale au sommet de leurs préoccupations pour l’année à venir. Cet indicateur – cité par 70 % des 317 entités sondées, dont la valeur nette moyenne atteint 2,7 Md USD – devance d’une courte tête la crainte d’une hausse de l’inflation et celle d’un conflit géopolitique majeur, soulignant la conjoncture d’incertitude qui prévaut depuis les soubresauts des marchés début avril 2025.
Pour se prémunir, 59 % des family offices envisagent de maintenir leur exposition au risque stable par rapport à 2024, tandis que 38 % pointent la difficulté de mettre en place des couvertures efficaces. Les stratégies de protection privilégiées reposent sur la gestion active et les hedge funds, et, pour près d’un cinquième, sur les métaux précieux – un actif dont l’allocation devrait encore croître au cours des cinq prochaines années.
En matière d’allocation régionale, l’Amérique du Nord (53 %) et l’Europe occidentale (26 %) conservent la faveur des investisseurs, via une surpondération progressive des actions et obligations des marchés développés. Ces segments offrent, selon les gestionnaires, un couple rendement-liquidité adapté aux perspectives de volatilité, tandis que l’appétit pour les marchés émergents reste contenu, pénalisé par les risques géopolitiques et la complexité réglementaire.
Du côté des classes d’actifs, les allocations aux actions des marchés développés sont passées de 26 % en 2024 à un objectif moyen de 29 % pour 2025. Inversement, les montants investis en private equity reculent légèrement, de 21 % à 18 %, sous l’effet combiné de la hausse des taux d’intérêt et du ralentissement des opérations de sortie de portefeuille.
Les résultats régionaux confirment la diversité des pratiques : en Europe (hors Suisse), les actions représentent 30 % des portefeuilles, tandis qu’en Amérique latine, 71 % des actifs se concentrent sur les classes traditionnelles (actions et obligations). Au Moyen-Orient, l’immobilier pèse 14 % des allocations, et en Asie du Nord, la Grande Chine attire déjà 31 % des flux dédiés à la région.
Enfin, l’enquête met en lumière les défis de la transmission patrimoniale : si 53 % des family offices ont mis en place un plan de succession, près de la moitié reste confrontée à l’inertie des bénéficiaires et à l’enjeu fiscal, perçu comme le principal obstacle à l’efficacité du transfert intergénérationnel.
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