Aide à mourir : les interrogations légitimes d'un parlementaire LR.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Patrick Hetzel, député LR du Bas-Rhin : « L’acte de donner la mort ne peut pas être considéré comme un soin. » 

Un premier pas non neutre vient d’être franchi dans l'élaboration d’un « droit à l’aide à mourir ». L’Assemblée nationale en a approuvé la création par 75 voix pour et 41 contre, en adoptant l’article 2 de la proposition de loi d’Olivier Falorni. Dans le camp des partisans de l’aide à mourir, deux philosophies s’affrontent. D’un côté, des députés militants pour un droit à mourir «â€Šdans la dignité » défendent une vision libérale de la mort provoquée, ouverte à un plus grand nombre de patients. De l’autre côté, des élus considèrent le suicide assisté comme un ultime recours pour des personnes au terme de leur existence et plaident en faveur de critères d’accès plus stricts.

La ministre a également eu gain de cause avec l’adoption de l’amendement du gouvernement sur l’administration du produit létal, un «â€Špoint clé » du texte. Contrairement à la Commission des affaires sociales, qui avait opté pour un libre choix entre l'euthanasie et le suicide assisté, les parlementaires ont fait de l’auto-administration par le patient du produit létal la règle. Patrick Hetzel, ancien ministre et député LR du Bas-Rhin, estime que cette loi sur l’aide à mourir n’est pas une loi de fraternité, mais qu'elle contribue à l'édification d'une société dominée par les individualismes. Il répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus. 

L’Hebdo-Bourseplus : Quelle est votre opinion sur l'évolution du débat autour de la fin de vie ?

Patrick Hetzel : La seule chose qui soit une bonne nouvelle, c’est que le débat a été délimité différemment de l’année dernière, puisqu’il y a deux textes : l’un traite des soins palliatifs, tandis que l’autre traite du suicide assisté et de l’euthanasie. C’est une bonne chose, parce que je pense que le vrai débat consiste à nous assurer que tous nos concitoyens qui ont besoin de soins palliatifs puissent y accéder. Et c’est là-dessus que je mets l’accent. 


Il est difficile d’avoir une opinion ferme sur ce sujet, car on nous présente les cas désespérés de personnes qui souffrent vraiment, alors que d'autres arguments invitent à faire preuve d'une grande prudence. On est tenté de se dire qu’il est plus sage de ne rien faire…

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