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Scandale. L'appareil d'État mobilisé pour tenter de faire taire un écrivain.
LA RENCONTRE DE LA SEMAINE
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Pierre Jovanovic : « Les écrivains soviétiques étaient emmenés au goulag, et on a voulu m’emmener dans un hôpital psychiatrique ! »
Cette affaire a suscité des millions de vues sur les réseaux sociaux et des commentaires dans les médias du monde entier : la police française a fait irruption pendant la nuit chez un écrivain qui dérange le pouvoir. Spectacle ahurissant des autorités débarquant en pleine nuit au domicile de Pierre Jovanovic pour l’arrêter. À une heure inhabituelle, mais légale, si le but était de le faire interner. Comme il était absent, la porte de sa maison d’édition a aussi été défoncée.
Officiellement ? Une opération pour « sauver sa vie ». Officieusement ? Une manœuvre de censure pour empêcher la sortie de son prochain livre explosif : « 2008 ». Ainsi, Pierre Jovanovic aurait représenté une menace un samedi à 23 h, d’où la mobilisation de l’appareil d’État. Or, bizarrement, après la médiatisation de cette affaire, il est redevenu dès le lendemain un personnage normal...
L’Hebdo-Bourseplus : L’affaire Jovanovic a défrayé la chronique. Cependant, une partie de la France, celle qui ne regarde ou n'écoute que les médias mainstream, n’en a pas entendu parler. En résumé, votre nouveau livre s’apprêtait à sortir et des forces de police ont déboulé chez vous en pleine nuit, en défonçant la porte de votre domicile. Comme vous n'étiez pas présent, ils sont allés au siège de votre maison d’édition, pour défoncer la porte du bureau, mais aussi la cave. Toutefois, vous n’étiez pas à Paris. Le prétexte était que vous auriez été sur le point de vous suicider et qu’il fallait vous interner…
Pierre Jovanovic : La police est arrivée un samedi à 23 h. La date est importante. Je précise qu’ils ont fait cela le week-end pour court-circuiter le ministère de l’Intérieur et les services de Bruno Retailleau. La nuit, surtout le week-end, il n’y a pas grand monde en fonction au ministère de l’Intérieur, car dans une nuit de semaine, ou en journée, jamais les cadres supérieurs du ministère de l’Intérieur n'auraient appuyé sur le bouton pour faire se déplacer le GIPN ! Quand il y a des tentatives de suicide, vous avez la police, éventuellement les pompiers, mais cela ne va pas plus loin. Cette fois-ci, il y a eu une tentative d’internement et c’était évidemment un faux prétexte. C’était une opération de barbouzerie de l’Élysée. Il y avait un camion de pompiers, le représentant du préfet de police de Paris, la BAC, un camion de police et le GIPN ! Cela fait beaucoup pour quelqu’un qui tente de se suicider. C’était un prétexte bidon.
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