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Renault : l'ombre de Nissan pèse.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Tout auréolé en 2024 des résultats de Renaulution, le couple Jean-Dominique Senard-Luca de Meo peut se féliciter d’avoir permis à Renault d’opérer en très peu de temps un assez spectaculaire rétablissement. Dix nouveaux modèles lancés en 2024, sept encore en 2025 et une grosse poignée de nouveau en 2026, dont la Twingo E-Tech, et la remplaçante de la Dacia Spring seront parmi les grandes vedettes.
Toutefois, l’énergie que cela a prise au management de l’entreprise n’a pas été disponible pour gérer le très compliqué dossier Nissan. Jean-Dominique Senard, qui a décidé de démissionner du conseil d’administration de la société nipponne, et Luca de Meo, sont souvent apparus comme étant face à l’équation Nissan comme des poules qui auraient trouvé un couteau. Ils ont laissé la barque partir à vau-l’eau et, face aux résultats de Nissan, on peut se demander en 2025 si cette négligence ne fut pas coupable.
Nissan glisse vers les abîmes.
En effet, le groupe japonais où Renault détient toujours 35 % du capital (un peu plus de 17 % en direct et le solde via une fiducie qui contient des titres qui sont destinés à être vendus) prévoit désormais une perte nette de 700 à 750 milliards de yens soit 4,91 à 5,26 milliards de dollars au titre de son exercice financier qui s’est terminé le 31 mars 2025 contre une précédente estimation d’une perte de 80 milliards de yens. C’est assez spectaculaire. L’entreprise dite avoir enregistré des dépréciations de plus de 500 milliards de yens en Amérique du Nord, en Amérique latine, en Europe et au Japon, après avoir examiné ses actifs de production, et elle va subir des coûts de restructuration supplémentaires de plus de 60 milliards de yens. Bien sûr, cela ne va pas créer une sortie d’argent, puisqu’une dépréciation, c’est tut simplement une écriture dans les livres de Nissan. Il n’empêche que cela va peser lourdement dans les résultats de Renault, puisque Nissan publiera ses résultats annuels le 13 mai prochain, ils seront donc lourdement négatifs et ils contribueront de manière négative à ceux de Renault. Le groupe au losange va plutôt bien. Cela a été l’un des premiers constructeurs automobiles occidentaux à publier ses ventes trimestrielles, il a réalisé au cours des trois premiers mois de l’année 2025 un CA de 11,68 milliards d’euros soit un recul de 0,3 % en données publiées, à peu près similaires à ce qui était attendu par les analystes financiers.
Renault vend davantage de voitures au T1.
En volumes, les ventes du constructeur automobile français ont progressé de 2,9 % à 564.980 unités, dans un contexte de forte baisse (plus de 20 %) des utilitaires légers, et d’une progression de plus de 11 % des véhicules particuliers. Le groupe, dans un contexte d’instabilité économique mondiale, a décidé d’engager de manière proactive des mesures complémentaires de réduction de coûts. Cela va inclure le report du lancement de modèles Alpine aux Etats-Unis, qui devaient être commercialisés en 2026, et qui ne le seront pas, sauf bouleversement dans les droits de douane nord-américains, avant 2028 au plus tôt. Le groupe ne constate pas à ce stade d’impact des droits de douane américains sur ses chaînes d’approvisionnement, mais il se garde bien de se retrouver dans un système tourmenté. Après dix nouveaux modèles en 2024, en 2025, il y aura encore sept lancements de véhicules, avec notamment le SUV Dacia Bigster, basé sur le best-seller Duster, et le petit SUV électrique R4 E-Tech, qui accompagnera la R5 E-Tech. Les lancements récents ont représenté 28,3 % des facturations du groupe au T1 contre 25 % au T4 de 2024. Ce pourcentage est appelé à croître encore d’ici à la fin de l’année, notamment grâce au succès commercial du Bigster et à l’arrivée de la R4 dans les concessions, prévue pour le mois de juin 2025. Pour le moment, la R4 peut être commandée, et il semble que les prises de commandes soient très bonnes.