Une commune rachète une boucherie pour sauver sa vie commerçante.

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Joël Culas, maire de Sainte-Croix-en-Bresse (Saône-et-Loire) : « Nous avons beaucoup de gens qui quittent la Haute-Savoie parce que la vie y est très chère. » 

Face à la disparition des commerces en milieu rural, le village de Sainte-Croix-en-Bresse, situé en Saône-et-Loire, vient d'investir dans une boucherie après avoir racheté une auberge et une épicerie. La désertification des centres-bourgs s'intensifie puisque le taux de vacance commerciale a continué d'augmenter l'an dernier, passant de 9,7 % à 10,6 %. Les maires ruraux figurent en première ligne de ce combat. Pour ce projet de boucherie, la mairie vient d'obtenir une subvention de 238 000 euros émanant de la région Bourgogne-Franche-Comté. 


L’Hebdo-Bourseplus : Au début, on a vu des communes rurales reprendre le bureau de poste, ensuite des épiceries, puis des restaurants. Et maintenant c’est une boucherie. Comment expliquez-vous que le phénomène de désertification affecte progressivement tous les métiers ?

Joël Culas : Effectivement, nous avons dans nos villages des soucis pour garder nos services et nos commerces de proximité. Lorsque l’on n’est pas très loin d’une ville où il y a des grandes surfaces, les gens vont plutôt dans les grandes surfaces, c’est un premier point. En ce qui concerne les services, l’État et La Poste se retirent pour des problèmes économiques et ce sont les communes qui prennent la place. Maintenant, nous avons un espace « France Services » où nous pouvons délivrer des cartes d’identité et des passeports, grâce à des subventions de l’État. Donc, l’État fait porter les emplois des fonctionnaires par les collectivités. Nous sommes subventionnés, mais le compte n’y est pas. 

Pour conserver tout cela, il faut que les communes prennent en charge l’épicerie, l’auberge communale, et maintenant la boucherie. Cette boucherie fonctionnait très bien. Il y a cinq employés et, pour refaire un bâtiment aussi important, il faut quand même des moyens. Ils investissent beaucoup dans leur camion pour faire les marchés, dans leur magasin aussi, et pour l’équipement intérieur. En ce qui concerne les murs, nous avons dû venir à leur rescousse, puisqu’une commune peut aller chercher un peu plus de subventions qu’un privé seul. Notre idée, c’est de conserver nos commerces et nos services. Cela a un effet positif, puisque la population augmente avec des jeunes couples et des enfants, ce qui nous permet de garder notre école. Cela permet aussi de faire fonctionner nos commerces, même si les gens n’achètent pas tout dans nos commerces. 


Vous avez déjà une épicerie qui vend des produits alimentaires : vous auriez pu estimer qu'il n'incombe pas au service public de financer une boucherie…

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