⟵ Retour
Immobilier : une reprise mesurée à l'échelle européenne, portée par une amélioration du crédit
IMMOBILIER
✍️ Par Yannick URRIEN
Le marché immobilier européen amorce une reprise prudente au premier trimestre 2025, selon l’analyse du groupe AVIV (SeLoger, Meilleurs Agents), qui observe une croissance des prix dans la majorité des pays étudiés, dont la France, la Belgique et l’Allemagne. Si les hausses restent modérées – inférieures à 5 % en rythme annuel – elles marquent une rupture avec les trimestres précédents et traduisent un regain de confiance, dans un environnement économique encore incertain.
La France enregistre une progression de +1 % sur un an, tandis que l’Allemagne, bien qu’en reprise, affiche encore des prix inférieurs de 5 % à ceux de début 2022. L’Italie et le Portugal, en léger retrait, pourraient rejoindre la tendance haussière d’ici l’été, tandis que le Luxembourg reste à l’écart du mouvement. Cette amélioration est largement soutenue par une détente partielle des conditions de financement. Les taux d’intérêt ont reflué d’environ 0,8 point en un an, stabilisant les emprunts autour de 3 à 3,5 % selon les pays. Ce reflux, bien que modeste au regard des niveaux atteints en 2022, a favorisé un redémarrage de la production de crédits immobiliers : +30 % en moyenne sur un an, avec un rebond particulièrement marqué en France (+48 % en février 2025).
La progression de la capacité d’achat, traduite par un gain moyen de 7 m² en un an, alimente une demande accrue, notamment dans les marchés aux dynamiques de prix modérées comme la Belgique, l’Italie ou la France. Les perspectives pour le deuxième trimestre restent globalement bien orientées, malgré le ralentissement récent de la baisse des taux et les incertitudes géopolitiques persistantes. Les marchés du sud de l’Europe, notamment l’Espagne et le Portugal, devraient maintenir un rythme soutenu, portés par la demande étrangère.
En revanche, l’Allemagne, confrontée à un retour des taux proches de 4 %, pourrait voir sa dynamique freinée. À l’échelle continentale, la soutenabilité de la reprise dépendra largement de l’évolution monétaire. Si les taux d’intérêt se stabilisent, le printemps pourrait confirmer le retour à un cycle haussier durable, même si le chemin vers les niveaux d’avant-crise reste encore long.