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Le piège de la dette se referme sur la France.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
En 2024, le déficit de la Sécurité sociale a beau s’être révélé moins élevé que prévu, avec 15,3 milliards d’euros, c’est tout de même 4,5 milliards d’euros de plus qu’en 2023. Cette « bonne nouvelle » tient à une meilleure tenue des recettes, car les dépenses continuent à déraper. Fixées à 265,4 milliards d’euros pour 2025, elles sont en progression de 4,8 % par an depuis 2019, soit bien avant la crise Covid-19. Cette progression de la dépense s’accompagne d’une dégradation du solde des trois branches de la Sécurité sociale qui financent l’objectif national de dépense d’Assurance maladie (ONDAM), maladies, accidents du travail et maladies professionnelles, tout comme l’autonomie.
Spirale mortifère.
Le déficit cumulé annuel de ces trois branches st parti pour doubler entre 2024 et 2028 puisqu’il devrait passer de 11,8 milliards d’euros à 20,1 milliards d’euros. Cela conduira à la reconstitution d’une dette sociale en trois ans de plus de 70 milliards, c’est une situation complètement non soutenable. La Cour des comptes a mis le doigt là où cela faisait mal, en s’attaquant à une situation « plus soutenable ». L’établissement de la rue Cambon a identifié un certain nombre de propositions d’économies dont le montant total est compris entre 19,5 milliards d’euros et 21,4 milliards d’euros d’ici à 2029.
Il s’agit du minimum nécessaire, mais pas obligatoirement suffisant pour arriver à un retour vers l’équilibre financier des branches de la Sécurité sociale qui le finance. La lutte contre la fraude à l’Assurance maladie, essentiellement des professionnels de santé, n’avait « rapporté » que 622 millions d’euros en 2024. L’objectif de la Cour des comptes est de porter à 1 milliard d’euros en 2027 et à 1,5 milliard d’euros en 2029 les montants à récupérer soit environ 30 % de l’estimation de la fraude. C’est une estimation très basse, car il ne faut pas oublier qu’en France, il y a environ 75 millions de cartes vitales en activité pour 67 millions d’habitants, c’est un « miracle » qui est assez étonnant, puisque nous payons des retraités décédés, notamment en Algérie, en grand nombre.
Dépenses surprenantes.
Il y a des dépenses qui sont assez surprenantes. Comment se fait-il que les dépenses annuelles standardisées par patient sont évaluées à 1.804 euros en Haute-Savoie alors qu’elles sont à 3.055 euros en Haute-Corse ? Cela sent la fraude, et pas qu’un peu. La moyenne nationale étant de 2.258 euros, il est quand même particulièrement intéressant de gratter là où il y a une dépense supplémentaire.
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