Entretien exclusif avec l'ancien député européen et figure historique du FN.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Bruno Gollnisch : « Ce jugement est extravagant, car il viole toutes les règles de droit. » 

L’affaire dite « des assistants parlementaires » qui touche le Rassemblement national (RN) et Marine Le Pen fait grand bruit. Figure historique du FN, Bruno Gollnisch a été condamné en première instance à trois ans d’emprisonnement dont deux ans avec sursis et un an ferme sous bracelet électronique à domicile. Bruno Gollnisch a accepté de nous répondre longuement pour expliquer cette situation. 


L’Hebdo-Bourseplus : Les commentateurs soulignent qu’il s’agit d’une décision de justice et le journal Libération écrit que ce n’est pas un scandale démocratique, mais simplement normal. Le camp du bien est-il tellement onvaincu d’avoir raison qu’il est prêt à tout ? 

Bruno Gollnisch : Ce serait le camp du bien si ces décisions étaient justes ! Ni Marine Le Pen, ni moi, ni aucun collègue ou assistant n’avons volé un seul euro au Parlement européen, qui n’a subi aucun préjudice. Cette dotation nous était due, non pas par un effet de charité particulier, mais en raison de notre élection. Nous avons utilisé la collaboration et le travail de nos assistants à faire ce pourquoi nous étions élus. C’est par le peuple français, du moins une fraction, certes de plus en plus importante (c’est ce qui les inquiète), que nous avons été élus. Il paraît que nous n’avons pas servi les intérêts de l’Europe, mais nous n’étions pas là pour servir les intérêts de la majorité actuelle de l’Union européenne. Nous étions là, non pas pour être les valets ou les greffiers de la Commission européenne, mais pour contester les orientations politiques désastreuses, éclairer l’opinion et alerter nos compatriotes. Nous étions là pour faire de la politique et, comme j’ai eu l’honneur de le dire au tribunal, qui n’en a tenu aucun compte, c’est un sport collectif comme le football. Nous sommes, avec ce jugement, dans la situation de joueurs de football, recrutés par un club, à qui le président dirait : « Vous avez le droit de jouer au foot, mais tout seuls, pas en équipe. » Je suis désolé, la politique, c’est comme le football, c’est un sport collectif. 


Ce jugement va-t-il poser une interrogation sur le rôle de l’assistant parlementaire ? On a bien compris que vos assistants n’ont pas fait du jardinage, ou de la garde d’enfants, mais de la politique. L’assistant parlementaire peut-il continuer de faire de la politique ? 

Contrairement à notre principal accusateur, celui qui a initié cette affaire, sous la pression de l’extrême gauche, notamment Mediapart. Je veux parler du président socialiste allemand Schulz, dont les assistants se sont plaints d’avoir été utilisés à des fins domestiques. L’un a même déclaré qu’il avait été obligé de repasser ses pantalons ! Un rapport parlementaire a démontré que cet homme, qui avait été le leader des socialistes européens, avait utilisé, non seulement les assistants, mais aussi les fonctionnaires. Chez nous, Yann Le Pen était chargée de la communication des grandes manifestations et, lorsqu’il y a eu la campagne présidentielle, nous l’avons retirée du Parlement européen pour la payer sur les fonds du parti, afin de ne pas être suspectés de l’utiliser pour le parti. Pour le reste, nous avons fait de la politique. Ce jugement est extravagant, car il viole toutes les règles de droit, il viole le principe de la séparation des pouvoirs, comme l’ont rappelé les plus grands constitutionnalistes français, M. Avril, M. Gicquel ou M. Schoettl, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel. Ces gens disent que le pouvoir judiciaire se mêle du travail des assistants parlementaires, il se mêle nécessairement du travail des députés, et c’est donc contraire au principe de la séparation des pouvoirs. Je vous rappelle que c’est un principe fondamental des institutions. Ce jugement viole toutes les règles de droit, notamment le principe de la séparation des pouvoirs. Mais également les règles de prescription, puisqu’ils ne se sont pas fatigués en additionnant les salaires et les charges sociales de tous nos assistants, sur des années, en disant que cette somme a été volée au Parlement européen et que nous devons la repayer. C’est incroyable, parce qu’il n’y a pas un centime d’enrichissement personnel. Quel est le texte législatif que l’on nous impose ? On nous impose une vague résolution du bureau du Parlement européen qui dit que l’argent des assistants parlementaires ne doit pas servir à un parti, mais c’est dans le cadre d’une activité de conseil, ce qui signifie que l’on ne peut pas utiliser notre parti comme bureau de conseil. C’est acté. Mais cela ne signifie pas que nos assistants ne puissent travailler avec le parti politique de leurs députés, comme le faisaient ceux du MoDem ou de LFI. J’ai prouvé que les deux tiers des membres du bureau du Parlement, à l’époque où nous étions en fonction, sans doute la totalité, travaillaient avec le parti politique de leur député. Certains étaient responsables du parti dans tel département, un autre était responsable du parti pour la politique familiale, etc. 

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