Un croquis d'un immeuble

Les passoires thermiques subissent des décotes massives sur le marché.

IMMOBILIER

✍️ Par Yannick URRIEN

La performance énergétique des logements devient un critère décisif pour les acheteurs et pèse désormais lourdement sur les prix immobiliers, selon une étude récente menée par le bureau d'études thermiques Ithaque. Les résultats révèlent que les logements les moins performants énergétiquement, classés F ou G, subissent des pertes de valeur très significatives, atteignant parfois plus de 250 000 euros pour une maison et jusqu'à environ 50 000 euros pour un appartement.  

L’étude met en évidence un changement profond dans la manière dont les biens immobiliers sont évalués. Alors que la performance énergétique restait autrefois un critère secondaire, elle est aujourd’hui intégrée directement dans la valorisation économique du bien. Pour une maison de 150 m² classée F ou G, la décote moyenne constatée s'élève à environ 180 000 euros par rapport à un logement équivalent noté A ou B. 

Cette différence s’amplifie dans certaines grandes villes françaises : à Bordeaux, la décote atteint en moyenne 254 000 euros, à Lyon 237 000 euros et à Montpellier 217 000 euros. Ce phénomène s'explique notamment par les coûts importants liés aux travaux de rénovation énergétique que doivent prévoir les acquéreurs. 

La décote liée au diagnostic de performance énergétique (DPE) varie fortement selon les marchés locaux. À Bordeaux et Lyon, par exemple, les logements énergivores affichent des pertes moyennes par mètre carré supérieures à 1 000 euros. À l'inverse, à Paris ou Nantes, l'effet est plus modéré. Dans la capitale, où la demande immobilière demeure extrêmement forte, la performance énergétique joue encore un rôle secondaire, limitant ainsi les écarts de prix. À Nantes, le manque relatif de logements bien classés atténue également l'impact du DPE. 

En revanche, même dans les villes où l'impact est moindre, la décote reste perceptible. À Paris, un appartement classé F ou G subit tout de même une perte moyenne d'environ 657 euros par mètre carré. Les maisons individuelles subissent particulièrement les effets d'une mauvaise performance énergétique en raison de leur taille, de leur mode de chauffage souvent individuel, et des coûts énergétiques associés. Pour les appartements, la décote reste significative, avec des pertes moyennes pouvant atteindre jusqu'à 49 000 euros pour un appartement de 40 m² à Nice, 46 000 euros à Strasbourg et 40 000 euros à Bordeaux. 

Le DPE est désormais un élément clé dans la décision d’achat. Les biens bien notés (A ou B) sont perçus comme des investissements sûrs et pérennes, protégés contre l’augmentation future des coûts énergétiques et les nouvelles réglementations contraignantes. À l’inverse, une mauvaise étiquette énergétique représente un risque concret en termes de coûts de rénovation, d'inconfort thermique et de difficultés futures de mise en location.

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