Les indépendants veulent peser à l'Assemblée nationale.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Christophe Naegelen, député des Vosges : « Il faut mettre beaucoup plus en avant la valeur travail. » 

Christophe Naegelen est député centriste des Vosges. Il est co-président du groupe LIOT (Libertés, indépendants, outre-mer, et territoires), cette structure technique qui rassemble des députés de toutes tendances politiques. Alors qu’il est difficile de dégager des majorités parlementaires, les indépendants entendent justement peser dans le débat politique en faisant entendre leurs différences. 


L’Hebdo-Bourseplus : La France a maintenant un budget. Toutefois, rien ne change et l'on subit encore l'augmentation des impôts et des taxes. Il est pourtant vérifié dans de nombreux pays que plus on baisse les impôts, plus les rentrées fiscales sont fortes. Pourquoi nos technocrates sont-ils toujours bercés par cette même idéologie socialiste ? 

Christophe Naegelen : Il fallait avoir un budget, c’était essentiel pour que les collectivités puissent se projeter. Il ne faut pas oublier qu’elles contribuent fortement à faire tourner des entreprises, notamment dans le BTP. Il fallait aussi un budget pour mettre en place les politiques publiques en matière d’enseignement ou de santé. Très honnêtement, je n’étais pas favorable à ce budget et il y avait d’autres choses à faire. Mais il en fallait un. Dans votre question, il y a aussi la réponse : n’oublions pas que ce sont des technocrates et ils ne savent pas ce qu’est la vie d’un entrepreneur qui investit. Il y a aussi un manque de courage politique. Quelqu’un qui travaille et qui contribue fortement à la solidarité nationale doit être soutenu. Il faut également avoir le courage de revoir les aides qui sont attribuées à des personnes qui ne contribuent pas. Nous pouvons tous avoir un accident de la vie, notre système de solidarité nationale est important et il faut le maintenir. Mais, depuis une quarantaine d’années, certains semblent penser que l’on peut vivre toute sa vie en profitant de la solidarité nationale. Cela ne peut pas être entendu, surtout de la part de ceux qui travaillent. N’oublions pas que tout tourne autour du travail. Les principales recettes du budget, ce sont la TVA, l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés. Il en va de même pour le budget de la Sécurité sociale. En France, tout le système tourne autour du travail. Donc, il faut mettre beaucoup plus en avant la valeur travail. 


La classe politique émet souvent de bons constats et il suffit d’écouter le discours de politique générale de chaque Premier ministre depuis des décennies. Or, rien n’est fait. N’est-ce pas une raison de vous en vouloir, car on ne peut même pas vous pardonner de ne pas mesurer la situation ? 

Je suis chef d’entreprise, je suis commerçant et je ne me considère pas comme faisant partie de cette classe politique que vous citez. Ceux qui font les bons constats, mais qui ne les appliquent pas une fois au pouvoir, c’est peut-être tout simplement parce qu’ils manquent de courage. Les bonnes analyses, c’est très bien, cependant il faut aussi avoir le courage de les appliquer. Je crois beaucoup au travail de terrain, comme au travail d’équipe. Donc, il faut avoir le courage de se mettre autour d’une table pour agir ensemble, afin de répondre aux préoccupations de nos concitoyens. Vous évoquez les politiques, mais il y a aussi les médias qui sont responsables de cette situation. Regardez toutes les mauvaises nouvelles qui sont distillées à longueur de journée ! Les médias jouent sur la peur, parce que cela fait de l’audience, au lieu de mettre en avant les personnes qui réussissent. Donc, je vous pose cette question : que faire pour que les médias prennent aussi leur part dans ce changement de mentalité ? Dès que l’on évoque la nécessité de revaloriser le travail, il y a toujours cette bien-pensance médiatique qui vient donner son avis, alors que ce n’est pas celui de la majorité de la population silencieuse. 

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